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    Discours d’ouverture de Nadia Calviño, présidente du Groupe Banque européenne d’investissement, lors de la session plénière du Comité européen des régions (CdR) qui s’est tenue le 2 juillet à Bruxelles.


    EIB

    Merci beaucoup, Madame la Présidente Tüttő. Mesdames et Messieurs les membres du Comité, c’est un grand plaisir d’être de nouveau parmi vous au Comité européen des régions (CdR). Je voudrais commencer par vous féliciter, Madame la Présidente, ainsi que l’ensemble du Comité, pour le prix européen Charles Quint qui vous a été remis en mai par le roi d’Espagne. Il s’agit évidemment d’une distinction très importante, du point de vue tant espagnol qu’européen. Je suis particulièrement heureuse de pouvoir vous adresser mes félicitations en personne si peu de temps après la remise de ce prix.

    Comme vous l’avez justement souligné, Madame la Présidente, les villes et les régions sont des partenaires clés de la Banque européenne d’investissement pour bâtir une Europe plus sûre, plus compétitive et plus inclusive. Pour illustrer le type de projets que nous finançons : nous avons annoncé la semaine dernière de nouveaux investissements en matière d’aménagement urbain de Tallinn à Kosice en Slovaquie, à 100 kilomètres de la frontière avec l’Ukraine. Nous avons également annoncé des investissements dans la transition juste à Joensuu en Finlande, le transport vert par autobus aux Pays-Bas, la modernisation des services d’eau en Toscane et l’éolien en Grèce, ainsi qu’un soutien aux petites et moyennes entreprises et aux innovateurs en Espagne et en France. Ce ne sont là que quelques exemples de projets et de financements que nous signons semaine après semaine.

    Car la Banque européenne d’investissement est véritablement la banque locale de toute l’Europe. Elle finance des projets qui améliorent les conditions de vie dans chacune des régions de notre Union et ouvre des perspectives là où sont les talents, répartis de manière égale dans l’ensemble des 27 États membres. De Turku, au nord, à Limassol, au sud, nous finançons la connectivité numérique, la mobilité durable, l’énergie propre, les hôpitaux et les écoles. Et de Prague, à l’est, à Lisbonne, à l’ouest, nous finançons également des logements abordables. Car chaque région, chaque ville compte.

    Aujourd’hui, je saisis cette occasion pour réaffirmer l’engagement du Groupe Banque européenne d’investissement à travailler avec vous tous et toutes pour renforcer la résilience, l’innovation et la cohésion dans l’ensemble de notre Union.

    Le Groupe Banque européenne d’investissement est en bonne voie pour fournir plus de 21 milliards d’euros de nouveaux financements en faveur de villes et de régions durables cette année. Il s’agit là d’une augmentation de 21 % depuis l’adoption de notre feuille de route stratégique il y a deux ans, lorsque j’ai pris la tête de l’institution. Je suis également fière d’annoncer que, à l’issue de cette session, nous signerons un protocole d’accord visant à approfondir notre partenariat et à rapprocher encore davantage le soutien de la BEI des citoyens et des citoyennes.

    L’année dernière, le Groupe Banque européenne d’investissement a enregistré un volume record de 100 milliards d’euros de nouveaux financements, notamment pour l’autonomie énergétique, la primauté technologique, la sécurité et la défense, le logement, l’eau et le soutien à l’Ukraine. Aujourd’hui, près de la moitié de nos financements va aux régions moins développées et en transition.

    Ce ne sont pas de simples chiffres. Ce sont des investissements qui contribuent à réduire les disparités et à renforcer la cohésion de notre Union, qui est au cœur de la mission de la Banque européenne d’investissement. Notre engagement en faveur de la cohésion est plus fort que jamais. L’objectif en fin de compte est de garantir des prix abordables, une préoccupation majeure pour les citoyennes et les citoyens européens. Cela concerne l’accès à une énergie abordable : stimuler la production d’énergie propre, les solutions de technologies propres et l’efficacité énergétique. Cela concerne également l’accès à des transports abordables, avec de meilleures infrastructures de transport public, du matériel roulant dans les villes et des liaisons entre régions. Et l’accès à des logements abordables, ce qui m’amène au cœur du sujet qui nous réunit aujourd’hui. Car procurer à tous et à toutes des logements abordables, économes en énergie et de qualité est l’une des grandes priorités que nous partageons, en particulier en ce qui concerne l’accès au logement abordable pour les jeunes.

    Dans l’ensemble de l’Union européenne, 8 jeunes sur 10 citent le logement abordable comme leur principale préoccupation. Il ne s’agit plus seulement d’une question sociale. Cela concerne l’économie, la compétitivité, et bien sûr aussi le climat. J’irais jusqu’à dire que c’est un enjeu de démocratie. Il s’agit de la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens et des citoyennes. C’est un défi, mais cela ouvre aussi de nouvelles perspectives. Car si nous modernisons le secteur européen de la construction, si nous accélérons la transition écologique, si nous étoffons l’offre de logements abordables, nous pourrons également renforcer notre compétitivité et notre cohésion sociale. Le rapport de la Banque européenne d’investissement sur l’investissement montre qu’en augmentant l’offre de logements, nous pouvons accroître le PIB de l’Union européenne de près de 2 %. Et dans certains États membres, de plus de 7 %. Le diagnostic est clair. Je pense, comme nous le verrons dans nos échanges, qu’il fait l’unanimité. L’Europe a besoin de davantage de logements, de logements de meilleure qualité construits plus rapidement, à moindre coût et de manière plus durable.

    C’est pourquoi, il y a un an, la Banque européenne d’investissement a adopté le tout premier plan d’action visant à accroître son soutien au logement. Je tiens à souligner que ce plan d’action a été élaboré en étroite collaboration avec la Commission européenne et le Parlement européen. Je suis très reconnaissante à Madame Tinagli pour l’excellente coopération que nous avons nouée dans ce domaine.

    Depuis, nous avons accru le périmètre, l’ampleur et la rapidité de nos financements. En l’espace de 12 mois, nous passons des paroles aux actes. Avec des résultats concrets. Nous avons doublé le nombre de logements neufs soutenus l’an dernier. Cette année, nous visons un soutien financier de 6 milliards d’euros au secteur du logement, soit près du double du niveau de 2024. D’ici 2030, notre objectif est de mettre à disposition environ 1 million de logements plus abordables et durables. Nous cofinançons de grands programmes nationaux et régionaux parce que nous savons tous que la compétence première dans ce domaine relève des collectivités locales et régionales, et l’Union européenne a vocation à accompagner et à soutenir ce qui demeure avant tout une responsabilité nationale.

    Au Portugal, nous investissons plus de 2,3 milliards d’euros, parallèlement aux ressources de la facilité pour la reprise et la résilience, à l’appui du programme national de logement social et abordable.

    En Espagne, nous accompagnons de nombreuses régions, dont plusieurs sont représentées ici aujourd’hui, de la Catalogne à l’Andalousie, en passant par la Castille-et-León et Valence, afin de construire et de rénover plus de 11 000 logements abordables. Cela signifie que le soutien de la Banque européenne d’investissement a doublé en seulement deux ans.

    En Italie, nous soutenons l’aménagement urbain à Naples. Nous apportons des conseils à l’appui de la stratégie en matière de logement à Florence. Nous aidons la région d’Émilie-Romagne à rénover des logements sociaux vacants grâce à une combinaison de fonds de la Banque européenne d’investissement et de l’UE.

    Nous renforçons notre soutien dans tous les États membres. Le mois dernier, nous avons signé le tout premier prêt de la BEI en faveur du parc public de logements locatifs en Slovénie.

    En Tchéquie, à Prague, nous finançons des logements locatifs abordables destinés à des travailleurs essentiels du secteur public – personnel infirmier, enseignant et de police. Les loyers sont inférieurs de 20 % aux prix du marché.

    Nous progressons également dans le domaine du logement étudiant à Chypre, en Italie, en Grèce, en Europe centrale et orientale, partout en Europe, y compris à Berlin.

    Là où les cadres d’action publique continuent d’évoluer, nous avons également renforcé notre soutien consultatif dans ce domaine. En Croatie, en Lettonie et en Estonie, nous aidons les collectivités locales à mettre en place des partenariats public-privé afin qu’elles puissent tenir leurs engagements envers la société.

    Aujourd’hui, nous passons des paroles aux actes. Nous avons beaucoup progressé au cours des deux dernières années en ce qui concerne le financement de ce domaine essentiel. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience et quelles sont les perspectives d’avenir ?

    Je vous livre trois réflexions.

    Premièrement, les partenariats sont essentiels pour amplifier l’impact. Comme je l’ai mentionné il y a un instant, la compétence principale en matière de logement est exercée au niveau local et régional. Il est essentiel que nous coopérions à tous les niveaux de l’administration, afin que ce soutien financier parvienne effectivement aux populations. Par exemple, en France, nous travaillons en partenariat non seulement avec les pouvoirs publics, mais aussi avec des institutions financières comme la Caisse des dépôts afin de mobiliser 5 milliards d’euros en faveur des municipalités et des bailleurs de logements. Nous entretenons une coopération similaire avec les banques nationales de développement en Pologne, en Italie et dans d’autres États membres.

    Deuxième réflexion : nous avons besoin d’une réorientation stratégique dans la chaîne de valeur de la construction. Nous ne devons pas seulement construire de nouveaux logements. Nous ne devons pas seulement rénover le parc de logements existant. Nous devons également innover en matière de matériaux et de techniques de construction. C’est précisément dans cet objectif que nous avons lancé un programme TechEU pour le logement doté de 400 millions d’euros, afin de réduire les coûts de construction et d’accroître la durabilité et la circularité du secteur du bâtiment.

    Et troisième réflexion, nous devons faire un usage stratégique des fonds de l’UE. À l’approche de ce que j’appellerais la phase décisive des négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel, nous devons veiller à ce que chaque euro du budget de l’UE ait le plus grand effet multiplicateur, en combinant subventions et instruments financiers. Le logement étant l’une des premières préoccupations des citoyennes et des citoyens européens, je suis convaincue que nous disposerons d’un bon budget européen. Vous pouvez compter sur la Banque européenne d’investissement pour continuer à maximiser l’impact de chaque euro et obtenir des résultats positifs pour les citoyennes et les citoyens européens dans l’ensemble des 27 États membres.

    Je m’arrêterai ici et je vous remercie sincèrement, Madame la Présidente, pour l’occasion qui m’a été donnée de m’exprimer devant vous aujourd’hui.