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    Karen Cannenterre et Milena Messori apportent tout naturellement des réponses bien structurées à nos questions quelque peu décousues., EIB

    Que sont les financements structurés ? La titrisation ? Une opération synthétique ? Et vous reprendrez bien une tranche des premières pertes ?

    Savez-vous que vous bénéficiez, selon toute probabilité, de financements structurés ? Par conséquent, avant de critiquer les structures de financement opaques que vous pensez être à l'origine de la crise financière d’il y a dix ans, assurez-vous de savoir de quoi vous parlez – ou écoutez au moins cet épisode.

    Milena Messori, chef de la division Financements intermédiés pour les très petites, petites et moyennes entreprises à la BEI et Karen Cannenterre, chargée des opérations de financement structuré au sein de cette division, nous expliquent comment les financements structurés ont permis aux banques d’accorder des prêts hypothécaires à un bien plus grand nombre de personnes. En pratique, elles le font en cédant ces crédits hypothécaires à des investisseurs désireux de prendre un risque sur des personnes comme vous et moi. Ainsi, un fonds spéculatif pourrait même aller jusqu’à supporter le risque inhérent au prêt hypothécaire d’Allar. Il va de soi qu’un fonds de pension prudent achèterait une fraction du prêt hypothécaire du toujours fiable Matt.

    C’est un exemple de finance structurée : le financement est structuré en fonction de l'appétit pour le risque des différents types d’investisseurs et, partant, il draine davantage d’investisseurs et de fonds sur le marché des capitaux.

    C’est aussi un exemple de titrisation : transformer un actif dans lequel vous ne pouvez pas investir (le prêt hypothécaire de Matt auprès d’une banque) en un titre dans lequel vous pourrez investir.

    Cela pourrait être aussi un exemple de titrisation synthétique : si la banque de Matt n’a pas créé une structure ad hoc (une société distincte) à qui céder les prêts hypothécaires mais a simplement signé un contrat précisant les prêts hypothécaires pouvant intéresser un investisseur donné, on considère qu’il s’agit là d’une opération synthétique.

    Et c’est aussi un exemple de titre adossé à des actifs : en effet, le titre (l’obligation émise par la banque) que l’investisseur achète est adossé à l'appartement de Matt.

    Si un investisseur achète ensuite un titre subordonné correspondant à cette tranche et que Matt ne respecte pas ses obligations liées au prêt hypothécaire ... Non, il ne ferait jamais ça. Et si Allar ne rembourse pas son prêt hypothécaire, et que le marché immobilier traverse une crise (cela ne s’est jamais produit à Luxembourg, mais sait-on jamais) et si l’actif – l'appartement – ne couvre plus la valeur du prêt, le détenteur de la tranche subordonnée absorbe les pertes, protégeant ainsi tous les autres investisseurs. C’est ce que l’on appelle une couverture des premières pertes, une tranche de financement plus risquée mais aussi susceptible de générer un rendement plus élevé. Elle fait office de rehaussement de crédit pour l’émission, voire pour l’entreprise qui cède un portefeuille d’actifs, et c’est un nouvel exemple de financement structuré.  

    Si vous vous abonnez au podcast « A Dictionary of Finance », chaque épisode sera automatiquement disponible sur votre smartphone ! Vous pouvez vous abonner via l’app Podcasts de votre IPhone, Stitcher ou Spotify. N’hésitez pas non plus à nous envoyer vos commentaires sur Twitter (@EIBMatt ou @AllarTankler).