Quand Loes Daniels a créé son entreprise depuis un ordinateur portable posé sur sa table de cuisine, il était difficile d’imaginer qu’elle posséderait un jour un élégant siège situé à Concertgebouwplein, à Amsterdam. « Il est très important d’attirer les meilleurs talents », explique la fondatrice d’Experiencegift, une plateforme mondiale spécialisée dans des cartes-cadeaux proposant des activités et des voyages personnalisés. « Le fait d’avoir un siège qui reflète notre réussite et notre ambition nous y aide. »
Il y a douze ans, Loes Daniels voulait offrir un cadeau à sa sœur : un séjour dans un hôtel à Londres. Faute de solution adaptée, elle a dû composer le cadeau elle-même, et même créer la carte-cadeau. Cela lui a donné une idée : faciliter le don d’un séjour à l’hôtel en cadeau. Aujourd’hui, son entreprise en ligne vend des cartes-cadeaux pour des séjours à l’hôtel, des vols, des trajets en train et des expériences dans plus de 100 pays. L’entreprise a connu une croissance rapide et possède maintenant des bureaux à Londres, New York et Athènes. Désormais, avec son nouveau siège à Amsterdam, Loes Daniels estime que l’entreprise est prête à écrire un nouveau chapitre et elle inaugure un bureau à Dubaï.
L’installation au siège de Concertgebouwplein a été rendue possible grâce à un prêt d’ABN AMRO, un financement lui-même soutenu par une opération de titrisation historique conclue entre ABN AMRO et le Groupe BEI. « Même sans le financement d’ABN AMRO, nous aurions trouvé une solution », explique Loes Daniels. « Mais cela nous aurait détournés de l’essentiel. Nous devons rester concentrés sur la conception de produits innovants, le marketing et la croissance de l’entreprise. »
Fonctionnement de l’opération
La titrisation synthétique d’un montant de 1 milliard d’euros est la plus grande opération de titrisation jamais réalisée par le Groupe BEI. C’est aussi la première opération de ce type pour ABN AMRO et une étape majeure pour la Banque européenne d’investissement et le Fonds européen d’investissement, qui structure les opérations de titrisation du Groupe BEI.
« Il s’agit d’une opération de référence, remarquable tant par son envergure que par son importance pour l’objectif stratégique d’ABN AMRO », affirme Jean-Baptiste Giraud, chargé de prêts à la BEI qui gère la relation entre le bras financier de l’Union européenne et ABN AMRO.
Une titrisation synthétique ne déplace pas de liquidités, elle transfère le risque. « Le Groupe BEI a pris une partie du risque du portefeuille sous-jacent », explique Demet Tamam, chargée d’investissement au FEI, qui a travaillé sur l’opération. « Les pertes attendues restent à la charge d’ABN AMRO, mais les risques liés aux pertes inattendues sont supportés par la BEI et le FEI en tant qu’investisseurs. Normalement, les banques doivent détenir des fonds propres réglementaires pour couvrir les pertes inattendues. Mais cette opération transfère ces pertes aux investisseurs et les fonds propres réglementaires deviennent disponibles pour de nouveaux prêts. »
L’accord de partage des risques libère le capital qui aurait été immobilisé par le portefeuille sous-jacent de 1 milliard d’euros de prêts déjà consentis par ABN AMRO à de petites et moyennes entreprises et à de grandes entreprises aux Pays-Bas. En conséquence, ABN AMRO s’engage à accorder de nouveaux prêts pour un montant de 1,2 milliard d’euros à ses clients – des entreprises comme Experiencegift –, une partie de ce financement étant réservée à des projets qui appuient la transition climatique.
« Nous donnons à ABN AMRO la capacité d’accorder de nouveaux prêts, et la banque s’est engagée à le faire, en partie pour des projets de durabilité environnementale qui soutiennent la transition vers la neutralité climatique et une société durable », indique Demet Tamam.
Dan Dorner, directeur commercial pour les activités de banque d’entreprises d’ABN AMRO, déclare : « L’opération renforce la croissance économique de notre clientèle, soutient sa transition vers la neutralité climatique et stimule les prêts aux PME sur le marché néerlandais. Pour ABN AMRO, financer la compétitivité de l’Europe est une priorité, et nous orientons nos financements avant tout vers l’accompagnement de ces transitions essentielles. »
La titrisation, un levier pour l’union de l’épargne et des investissements
La titrisation représente un marché important et liquide aux États-Unis et en Asie. La réglementation a quelque peu freiné, en comparaison, la croissance de la titrisation en Europe. La Banque européenne d’investissement investit dans les titrisations émises par des banques européennes et conçoit des structures innovantes pour appuyer le développement du marché et, en fin de compte, générer davantage de financements pour des entreprises comme Experiencegift, qui sont essentielles à l’économie réelle.
Généralement, les entreprises européennes dépendent davantage du financement bancaire que celles établies aux États-Unis et en Asie, où le marché du capital-risque est plus développé. Dans ce contexte, les jeunes pousses européennes sont souvent rachetées par des investisseurs américains. En Europe, les marchés des capitaux ne sont pas non plus aussi profonds qu’aux États-Unis, car leur échelle est nationale et donc leur envergure relativement limitée.
La dernière campagne en faveur de ce type d’union a débuté par une initiative de la Commission européenne en 2020 en faveur de ce qu’on appelait alors l’union des marchés des capitaux. Son nom a été changé en union de l’épargne et des investissements, mais l’idée sous-jacente reste la même.
En soutenant des banques innovantes par des investissements dans des opérations de titrisation, le Groupe BEI contribue à créer un marché plus liquide et plus vaste, et il soutient directement les objectifs de l’union de l’épargne et des investissements.
Nadia Calviño, présidente de la BEI, a détaillé comment la Banque pourrait mettre en place certains des éléments constitutifs d’une telle union, afin que « les idées, les technologies et les entreprises nées dans l’Union européenne puissent rester, croître et prospérer au sein de l’UE ».
Pourquoi est-ce important ?
Pour Loes Daniels et Experiencegift, le nouveau bureau ne se résume pas à des briques et du béton. C’est une affirmation de son ambition et une source de motivation pour les équipes. Le modèle de travail hybride de l’entreprise permet aux salariés de choisir leur lieu de travail, dont plusieurs jours par semaine à la maison, mais beaucoup préfèrent désormais ce nouvel espace et passent plus de jours au bureau.
Loes Daniels y trouve aussi quelques avantages personnels : « Maintenant que nous avons nos propres locaux, c’est la première fois que je dispose d’un bureau personnel. Et surtout, il y a toujours du bon café. »
ABN AMRO ENHANCED SUPPORT TO SMES AND MIDCAPS
The project concerns a guarantee (synthetic securitisation) for an existing portfolio of loans to SMEs and Corporates to support the FI's lending operations in the SMEs and MidCaps sector in the Netherlands.