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    Deuxième partie de la série « L’héritage du FEIS »

    Le Fonds européen pour les investissements stratégiques a changé la donne pour les programmes de relance économique soutenus par des financements publics de l’UE et pour la Banque européenne d’investissement. « L’héritage du FEIS » est une série qui raconte l’histoire du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) de 2015 à 2020 au fil d’entretiens avec son directeur exécutif, sa directrice exécutive adjointe, les membres du comité d’investissement et des bénéficiaires finals de toute l’Europe.

    Téléchargez ici la publication intitulée « L’héritage du FEIS ».


    Nous sommes à l’automne 2014. Wilhelm Molterer sort de son bureau, situé au dernier étage du bâtiment de verre, à la toiture arrondie, où siège la Banque européenne d’investissement. Il entre dans une salle de réunion où il rejoint le président de la banque de l’UE, Werner Hoyer.

    Ancien ministre autrichien des finances, Wilhelm Molterer a été l’un des huit vice-présidents de la Banque, supervisant ses opérations à grande échelle dans les États membres de l’UE et dans le monde entier. Il se demande ce que Werner Hoyer a en tête, surtout quand il aperçoit dans la salle deux des plus éminents membres du personnel de la Banque, Klaus Trömel, responsable des opérations de prêt, et Alfonso Querejeta, Secrétaire général.

    Werner Hoyer explique au trio qu’il a discuté de la situation économique de l’Europe avec Jean-Claude Juncker, l’ancien Premier ministre du Luxembourg qui va bientôt prendre la présidence de la Commission européenne. Quelques années auparavant, l’Europe a été frappée par une crise financière et l’économie est toujours à la peine. Les volumes d’investissement ont alors chuté et sont restés bien en deçà des niveaux d’avant crise. Le secteur bancaire a une capacité d’absorption des risques limitée. Les budgets publics sont réduits. L’immaturité des marchés des capitaux européens et l’incohérence des environnements réglementaires dans toute l’UE sont aussi source d’inquiétude.

    Face à cette situation, Jean-Claude Juncker a confié à Werner Hoyer qu’il devait envoyer un signal fort pour indiquer que la relance économique est la priorité de la nouvelle Commission, qui mettra toute la puissance des institutions de l’UE au service de cette tâche.

    Prêt à intervenir, Werner Hoyer lui a fait part de ses idées sur la manière dont la Banque européenne d’investissement peut réagir. Il souhaite associer la Commission, qui gère le budget de l’UE, aux mécanismes financiers et à l’expertise de la BEI, la plus grande institution financière internationale au monde.

    Quelques années auparavant, l’Europe a été frappée par une crise financière et l’économie est toujours à la peine.

    Ce plan va toutefois entraîner la Banque en territoire inconnu. Wilhelm Molterer et ses collègues s’interrogent sur les défis qu’il faudra relever quand ils commencent à mettre en place une structure pour ce projet. Ils visent également un montant d’investissements ambitieux – 315 milliards d’euros mobilisés sur trois ans et demi, qui seront ensuite portés à 500 milliards d’euros sur deux ans supplémentaires, une fois que le programme aura commencé à faire ses preuves.

    Wilhelm Molterer comprend que ce programme entraînera pour la BEI un changement de paradigme, l’accent n’étant plus mis sur les résultats – octroyer des prêts volumineux à des projets de grande dimension – mais sur l’impact – chaque euro prêté devant permettre de lever un investissement d’un montant total de 15 euros, une fois comptabilisés les fonds venant d’autres investisseurs. Ce sera l’investissement sur le terrain qui comptera.

    Il faudra aussi que tout aille vite. La Banque devra être opérationnelle dès le lendemain de l’entrée en vigueur du règlement. Il ne s’agit pas d’un concept institutionnel. Il n’y a pas de quotas par pays ou par secteur. Le programme sera conforme aux règles du marché. La demande d’investissement des entreprises déterminera la destination des investissements du nouveau programme. Tout cela doit être fait avec suffisamment de transparence pour répondre aux exigences du Parlement européen.

    Les principes fondamentaux de ce qui deviendra le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) sont rapidement mis en place. Le budget de l’UE offrira une garantie que le Groupe BEI (la Banque, ainsi que sa filiale spécialisée dans les petites entreprises, le Fonds européen d’investissement) utilisera pour concevoir et déployer des produits destinés au marché. Jean-Claude Juncker a clairement indiqué que la Commission n’est pas une banque et qu’il souhaite que cette partie du plan soit dévolue à la BEI.

    « Cela montre clairement que la responsabilité du plan est partagée, en mettant en commun les forces de la Commission et de la Banque », pense Wilhelm Molterer.

    Un élément essentiel consiste à maintenir une structure de gouvernance réduite pour cette nouvelle initiative conforme aux règles du marché. Tandis que la BEI déploiera les produits financiers, un organe indépendant doit décider de la disponibilité de la garantie. Cela est essentiel pour une application transparente et fiable des règlements et de leurs instructions quant à la manière dont la BEI peut recourir à la garantie.

    Cet organe se fait rapidement connaître sous le nom de comité d’investissement. Son fonctionnement et le rôle qu’il a joué dans la mobilisation réussie de 500 milliards d’euros au titre du Fonds européen pour les investissements stratégiques sont les thèmes de cette série. L’objectif est de découvrir les coulisses du FEIS et d’expliquer les enseignements tirés ainsi que leur application possible aux futurs programmes de relance économique en Europe ou dans le monde.