Lilyana Pavlova et Kris Peeters, vice-présidents de la Banque européenne d’investissement (BEI), sont intervenus lors de tables rondes distinctes organisées à l’occasion du septième sommet européen de Prague et ont partagé le point de vue de la BEI sur la reprise post-COVID, la transition verte et l’avenir de la mobilité durable dans l’Union européenne. 

Depuis son lancement en 2015, le sommet européen de Prague fait avancer des discussions stratégiques sur des sujets paneuropéens du point de vue de l’Europe centrale et orientale. Pour la deuxième année consécutive, la BEI collabore avec le sommet européen de Prague afin de contribuer à un dialogue public inclusif et de grande qualité sur des questions clés auxquelles l’Union européenne est confrontée.

Ce sommet est organisé par l’institut de politique européenne EUROPEUM et l’Institut des relations internationales de Prague, en coopération avec le ministère des affaires étrangères et les services gouvernementaux de la République tchèque et la représentation de la Commission européenne en République tchèque.

Vladimír Bartovic, directeur d’EUROPEUM, l’institut de politique européenne : « Le sommet européen de Prague se réjouit vivement de poursuivre son partenariat avec la Banque européenne d’investissement, car cette coopération améliore la qualité et la pertinence du débat public sur les défis communs auxquels l’Union européenne est confrontée. Des partenaires tels que la BEI sont précieux pour préserver la position du sommet européen de Prague en tant que l’une des plateformes clés pour un dialogue stratégique dans l’Union européenne et un forum européen majeur en vue de débats sur le leadership mondial de l’UE, la sécurité, les nouvelles technologies et l’ère numérique, les défis actuels en matière de politique économique et étrangère et les tendances en matière de développement dans la société européenne. »

Reprise juste et durable après la pandémie de COVID-19 et transition verte

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©T. Jona/EIB

La vice-présidente Pavlova s’est jointe à Karel Havlíček, vice-premier ministre tchèque, ministre des transports et ministre de l’industrie et du commerce, pour discuter de la relance verte post-COVID et de la transition verte de l’Union européenne vers une économie neutre en carbone.

« La reprise post-pandémie et la transition vers une économie neutre en carbone sont deux processus complémentaires qui peuvent s’appuyer et s’alimenter mutuellement. La réalisation de l’objectif de l’UE de devenir une économie neutre en carbone d’ici à 2050 peut contribuer à la reprise post-pandémie, à la création d’emplois, de revenus et de débouchés commerciaux et à la mise en place d’un modèle économique durable à long terme pour l’Europe et le monde », a déclaré la vice-présidente Pavlova, pour résumer sa participation au sommet. « J’ai été très heureuse de pouvoir participer au sommet européen de Prague et d’expliquer ce que la banque de l’UE peut faire pour que les États membres accélèrent leur reprise post-COVID. »

À l’issue de la table ronde, la vice-présidente Pavlova a rencontré des représentants de la Banque tchéco-morave de garantie et de développement (ČCMZRB) et signé un prêt de 191 millions d’EUR afin de débloquer de nouvelles sources de financement pour des projets d’infrastructure à l’échelle municipale et régionale en République tchèque, qui est essentiel pour les plans de l’État tchèque visant à accélérer la reprise de l’économie nationale à la suite de la pandémie de COVID-19.

Coronavirus : la réponse du Groupe BEI

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, la BEI et le Fonds européen d’investissement (FEI) ont approuvé plus de 56 milliards d’EUR d’aide ciblée en faveur de la santé publique, de la fourniture de vaccins et des entreprises les plus touchées par la crise. L’Équipe Europe contribue également à hauteur de 500 millions d’EUR à l’initiative COVAX pour fournir un milliard de doses de vaccin contre le COVID-19 à 92 pays à revenu faible ou intermédiaire en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.

Le Groupe BEI a créé le Fonds de garantie paneuropéen (EGF) de 25 milliards d’EUR en réponse à la pandémie de COVID-19. Ce fonds de garantie permet au Groupe BEI – en partenariat avec des bailleurs de fonds locaux et des institutions nationales de promotion économique – d’intensifier son soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) et autres acteurs de l’économie réelle en mobilisant jusqu’à 200 milliards d’EUR, en plus du dispositif de soutien déjà annoncé.

La création du Fonds a été approuvée par le Conseil européen dans le cadre du programme global prévu par l’UE face à la pandémie de COVID-19.

Le Groupe BEI a également livré les détails d’une réponse globale à la pandémie de coronavirus à l’extérieur de l’Union européenne, qui lui permettra de fournir jusqu’à 6,54 milliards d’EUR au cours des prochains mois. S’inscrivant dans le cadre de la réponse apportée par l’Équipe Europe, ce financement repose sur des garanties provenant du budget de l’UE. Il permettra de renforcer des investissements urgents dans le domaine de la santé et d’accélérer le soutien apporté de longue date aux investissements du secteur privé, qui traduit les besoins en matière de financement dans plus d’une centaine de pays dans le monde.

Le Groupe BEI mettra également à disposition 1,7 milliard d’EUR pour soutenir la reprise économique et sociale dans les Balkans occidentaux à la suite de la pandémie de COVID-19, dans le cadre d’un dispositif de soutien financier de 3,3 milliards d’EUR destiné à la région, annoncé le 29 avril par la Commission européenne.

Avenir durable et vert pour l’Europe

Le vice-président Peeters a participé à l’une des tables rondes plénières du sommet européen de Prague consacrées à l’avenir de la mobilité et à son rôle dans la reprise post-pandémie. Il a abordé la nécessité de créer des collectivités nouvelles, résilientes et durables à mesure que nous nous relevons du COVID-19.

La table ronde a axé la discussion sur l’évolution sans précédent du secteur des transports et sur les tendances politiques, économiques, sociales et technologiques qui l’influencent, en mettant l’accent sur l’avenir de la mobilité et les nouveaux écosystèmes de mobilité offrant des solutions de transport accessibles, efficaces, propres et sûres.

« Nous devons permettre à plus d’une filière technologique de créer de réelles solutions vertes pour l’ensemble du secteur des transports. Les décisions d’investissement que nous prenons aujourd’hui seront couronnées de succès ou se révéleront un échec dans les décennies à venir », a déclaré le vice-président Peeters lors de la table ronde.

Les grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2) et de gaz d’échappement générées par le secteur des transports en font l’un des principaux contributeurs aux changements climatiques et à la pollution atmosphérique. Les transports sont la deuxième source d’émissions mondiales de gaz à effet de serre et représentaient 24 % des émissions de CO2 provenant de la combustion de combustibles en 2018.

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Le rôle de la BEI dans la transformation du secteur des transports

Abordant le rôle de la transformation du secteur des transports dans le contexte d’activités plus larges en faveur du climat, le vice-président Peeters a écrit dans la perspective de la réunion un article pour le journal « New Europe », basé à Bruxelles, dont voici un extrait : « Au lieu des combustibles fossiles, il faut investir davantage dans des industries vertes, comme les énergies éolienne et solaire, et dans l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments et les transports durables. Le secteur financier joue un rôle clé dans la transition vers une économie plus verte. Avec la mise en œuvre de la nouvelle taxinomie de l’UE pour les investissements verts, que la BEI a contribué à développer, les investisseurs disposent maintenant d’un outil pour mesurer leur contribution financière à l’action en faveur du climat. Associer rentabilité et transparence peut contribuer à attirer davantage d’investissements à l’appui de l’action pour le climat, ce qui facilite la réalisation de nos objectifs. »

Le vice-président Peeters a participé à cette table ronde aux côtés de Maroš Šefčovič, vice-président de la Commission européenne, Zdeněk Hřib, maire de Prague, Nika Kotoviča, experte en urbanisme pour la ville de Riga, et Marian Bocek, directeur général d’InoBat Auto.

Aperçu de l’avenir des prêts dans le secteur des transports dans l’Union européenne

Depuis le début de ses activités en 1958, la BEI a accordé des financements à long terme pour appuyer la mise en place de bon nombre de réseaux de transport, qui ont contribué à l’essor de l’économie et à la cohésion en Europe.

Aujourd’hui, le Groupe BEI joue un rôle majeur dans la transition de la mobilité et des transports vers un avenir sobre en carbone en Europe et au-delà. Pour soutenir une économie verte et compétitive, la Banque entend accélérer l’adoption de solutions de transport durables en renforçant et en attirant les investissements privés tout en garantissant un développement régional équilibré. Outre des financements, la BEI propose aussi des services de conseil et d’assistance technique.

Les nouvelles technologies et les nouveaux modèles commerciaux dans le domaine de la mobilité jouent un rôle essentiel dans la transition vers des transports à émission nulle. C’est pourquoi la Banque a élargi son champ d’action au-delà des grands projets d’infrastructures pour appuyer des projets innovants de plus petite dimension. Le Groupe BEI soutient la recherche-développement (R-D) dans le domaine des technologies de pointe telles que les combustibles de substitution, l’électromobilité, dont les batteries, les piles à combustible et les bornes de recharge, la conduite autonome et l’intelligence artificielle. Parallèlement, il aide les entrepreneurs européens à exploiter leurs idées sur le marché et à se mesurer à la concurrence sur la scène internationale.

La BEI est en train de revoir sa politique de prêt dans le domaine des transports et lancera au second semestre 2021 une consultation publique visant à aligner ses investissements dans le secteur des transports sur sa Feuille de route de la banque du climat et l’accord de Paris.