Contexte
L’initiative de délégation réciproque (IDR) est une initiative conjointe de la Banque européenne d’investissement (BEI), de l’Agence française de développement (AFD) et de la banque allemande de développement KfW visant à améliorer l’efficacité de la coopération au développement.
Elle permet aux projets d’investissement cofinancés par les trois institutions de développement de bénéficier d’une capacité de financement accrue et d’un partenariat simplifié avec les bailleurs de fonds grâce à un cadre optimisant les synergies entre les trois institutions.
100 projets ont été financés au titre de l’initiative de délégation réciproque depuis son lancement. Les trois institutions partenaires ont mis à disposition environ 3,7 milliards d’euros de financements, contribuant à mobiliser 24,6 milliards d’euros d’investissements au total.
Fonctionnement de l’IDR
La BEI, la KfW et l’AFD sont des actrices européennes majeures du financement international du développement, mais leur activité est régie par des cadres réglementaires, statutaires, juridiques et de gouvernance différents.
Dans le cadre de cette initiative, les trois institutions peuvent partager la plupart des tâches au cours du cycle des projets, de l’instruction à la préparation des décisions de prêt et à la mise en œuvre.
L’institution qui possède un savoir-faire particulier dans un secteur économique donné, ou qui a une présence significative dans le pays de mise en œuvre du projet, agit en tant que bailleur de fonds chef de file et travaille en étroite coopération avec les deux autres institutions, afin de maximiser les avantages pour chaque projet d’investissement.
Objectifs
L’IDR contribue à renforcer l’impact, l’efficacité et la visibilité de nos interventions dans les domaines suivants :
- énergie (financement d’investissements contribuant à la transition énergétique propre)
- transports (soutien aux transport verts, intelligents et sûrs)
- eau et assainissement (accès de tous et toutes à l’eau potable)
- santé (renforcement des chaînes d’approvisionnement et production locale de vaccins)
- éducation et recherche (investissements dans une éducation de haute qualité, en particulier pour les filles, les femmes et les groupes vulnérables)
Exemples de projets soutenus
L’accroissement de la population tunisienne, combiné à l’essor du tourisme et du développement industriel et commercial dans le pays, se traduit par une demande d’eau plus forte. Le projet BEI-AFD s’inscrit dans une stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques. La population concernée par le projet est estimée à quelque 2,78 millions d’habitants à l’heure actuelle, sachant que les projections indiquent qu’elle atteindra 3,2 millions d’habitants d’ici 2030.
Le projet, mis en œuvre par la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), consiste en la construction d’une station de pompage d’eau brute, la pose de conduites d’eau brute et la mise en place d’une station de traitement de l’eau potable à Béjaoua comprenant une conduite d’évacuation de l’eau traitée destinée à l’alimentation en eau du Grand Tunis et du nouveau port financier, y compris les ouvrages de stockage.
Le coût du projet est estimé à 79 millions d’euros : la BEI fournit un prêt de 38 millions d’euros dans le cadre d’un cofinancement à parts égales avec l’AFD. Quant à lui, l’État tunisien contribue à hauteur de 3 millions d’euros. L’opération est mise en œuvre dans le cadre de l’IDR, la BEI agissant en tant que bailleur de fonds chef de file.
Détail du plan de financement :
- Contribution nationale : 3 millions d’euros
- AFD : 38 millions d’euros
- BEI : 38 millions d’euros
La raréfaction de l’eau au Maroc est aggravée par la croissance de la population et l’expansion de l’activité économique, tandis que le pays peine toujours à améliorer ses infrastructures d’assainissement. S’inscrivant dans le prolongement du premier programme national en la matière, la deuxième phase vise à améliorer la disponibilité, la qualité, la fiabilité et l’efficacité des services d’assainissement à l’échelle nationale, tout en renforçant les capacités de gestion du promoteur. Grâce à ce projet, 310 000 personnes devraient bénéficier de meilleurs services d’assainissement.
Le projet concerne l’installation, la remise en état et l’extension de réseaux de collecte des eaux usées et la construction de stations d’épuration par l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) dans plusieurs villes petites et moyennes réparties sur tout le territoire du Royaume du Maroc. Il comprendra également la fourniture d’une assistance technique visant à soutenir la coordination du programme, la supervision des travaux, des activités de communication et de sensibilisation, la formation et le renforcement des capacités de l’ONEE ainsi qu’un certain nombre de mesures d’appui sectoriel. Le projet, dont le coût s’élève à 176 millions d’euros au total, est cofinancé par l’AFD, agissant en qualité d’institution de financement chef de file, la KfW et la Facilité d’investissement pour le voisinage (FIV) de l’UE.
Détail du plan de financement :
- Contribution nationale : 80 millions d’euros
- BEI : 34 millions d’euros
- AFD : 34 millions d’euros
- KfW : 20 millions d’euros
- Commission européenne (FIV) : 8 millions d’euros
Le projet prévoit la réhabilitation et la construction de systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement à Kisumu et dans les environs. Ce projet correspond à la troisième opération réalisée dans le cadre de l’initiative LVWATSAN. Deux projets antérieurs bénéficiant d’un financement de la BEI dans le domaine de l’eau et de l’assainissement ont été signés au titre de l’IDR, l’un en 2011 avec la KfW et l’AFD, en tant que bailleur de fonds chef de file, à Kampala, en Ouganda, et l’autre en 2013 avec l’AFD à Mwanza, en Tanzanie, dans le cadre duquel la BEI était chef de file.
Les subventions du Fonds fiduciaire UE-Afrique pour les infrastructures (FFUEAI) sont utilisées à des fins de renforcement des capacités et de formation à l’appui de la société Kisumu Water and Sanitation Company et des autorités du comté de Kisumu. Cette partie du projet favorisera une plus grande durabilité du secteur, notamment grâce à la détection et à la réparation des fuites sur les conduites, et l’amélioration des capacités de planification des investissements.
Le projet permettra à environ 500 000 personnes d’accéder à l’eau potable, ce qui se traduira par une réduction des coûts et du gaspillage de temps productif consacré à l’approvisionnement en eau, une amélioration de l’hygiène et une baisse des cas de maladies transmises par l’eau et des coûts de traitement connexes.
Le coût total du projet s’élève à 70 millions d’euros. L’AFD est l’institution financière chef de file, tandis que la BEI est responsable des questions environnementales et sociales.
Détail du plan de financement :
- BEI : 35 millions d’euros
- AFD : 20 millions d’euros
- État kényan : 10 millions d’euros
- Commission européenne (FFUEAI) : 5 millions d’euros