Recherche FR menu Portail client du Groupe BEI
Recherche
Résultats
5 premiers résultats de la recherche Voir tous les résultats Recherche avancée
Recherches les plus fréquentes
Pages les plus visitées

Nadia Calviño, présidente du Groupe Banque européenne d’investissement, a pris la parole lors de la réception de départ organisée en l’honneur d’Ingrid Thijssen, présidente de la Confédération de l’industrie et des employeurs néerlandais (VNO-NCW), à La Haye.


EIB

Nous avons eu une journée très intense, mais pour être honnête, le temps fort de la journée, chère Ingrid, c’est maintenant. J’apprécie vraiment l’occasion qui m’est donnée de partager ce moment avec vous pour vous dire au revoir, vous dire merci, et aussi vous souhaiter le meilleur, car nos échanges ont été vraiment excellents au cours de deux années écoulées, depuis que je suis devenue présidente de la Banque européenne d’investissement.

Je regarde l’assemblée réunie ici aujourd’hui et je pense que c’est le témoignage le plus fort de l’estime dans laquelle nous vous tenons et de l’empreinte exceptionnelle que vous allez laisser.

Je ne comprends pas le néerlandais, mais j’ai un très bon interprète en la personne du vice-président de Groot, assis à mes côtés. Et je pense que le discours que nous venons d’entendre rend bien compte de vos principales qualités : jeter des ponts, établir des partenariats et rapprocher le monde de l’entreprise et la société, le monde économique et la sphère politique, les institutions néerlandaises et les institutions européennes. Il est donc tout naturel qu’une institution européenne, la Banque européenne d’investissement, participe à ce moment chargé d’émotion. Et ces partenariats sont plus importants que jamais, alors que la recomposition de l’ordre mondial entame clairement une nouvelle phase.

Une phase qui semble marquée par deux mots : conflit et incertitude. Une nouvelle phase qui met vraiment à l’épreuve les fondements de l’extraordinaire réussite des Pays-Bas et de l’Europe au cours des 80 dernières années. Ces fondements sont mis à l’épreuve, ils sont même directement attaqués par certains qui comptaient autrefois parmi nos partenaires. Mais le principal message que je souhaite vous adresser aujourd’hui, un message qui est je crois partagé par plusieurs des orateurs et oratrices qui vont suivre, c’est qu’il existe de très bonnes raisons d’avoir confiance en nous-mêmes.

Car dans ce contexte troublé, l’Europe est de plus en plus perçue comme un havre d’espoir et de stabilité. L’Europe dans son ensemble, avec ses économies très dynamiques dont, bien sûr, les Pays-Bas demeurent l’une des plus dynamiques d’entre elles. Ces économies apparaissent également comme des sanctuaires pour la recherche, les talents, la raison, le respect mutuel et l’état de droit.

Il est également naturel que vous rejoigniez l’université de Delft, où vous aurez l’occasion de faire revenir certains des talents qui avaient quitté l’Europe par le passé. Car nous voyons de plus en plus de chercheurs et de chercheuses revenir sur notre continent. Et ce sont là des atouts extrêmement puissants. Ils soutiennent notre mode de vie. Ils font également de l’Europe une destination très attrayante pour les capitaux et les investissements, un ancrage de certitude pour les entreprises, les investisseurs mondiaux et les États du monde entier.

Saisir l’occasion

J’aimerais vous faire part de trois messages clés aujourd’hui sur ces questions. Le premier concerne l’importance pour l’Europe de saisir l’occasion qui lui est offerte de tirer parti de ses atouts. Car l’Europe est une puissance. Nous sommes une économie de 19 000 milliards d’euros. Une superpuissance mondiale dans la technologie, le commerce, la fabrication, qui rivalise avec les États-Unis et la Chine dans bien des domaines. Et lorsqu’on se rend à l’université de Delft, que nous venons d’évoquer, l’on mesure justement à quel point l’Europe est une puissance dans tant de secteurs.

Ce matin, j’ai également eu l’occasion de visiter le port de Rotterdam, comme cela a déjà été mentionné, et de voir l’une des infrastructures les plus impressionnantes de notre continent. Les Pays-Bas sont au cœur de cette dynamique européenne. L’année dernière, nous y avons financé des projets pour un montant record de 4,1 milliards d’euros dans des domaines allant des réseaux énergétiques – je sais que la direction de TenneT est également représentée ici aujourd’hui, nul besoin de souligner l’importance des réseaux pour l’avenir –, au financement de projets dans les domaines de l’eau, de l’innovation, de la technologie, par l’intermédiaire de banques partenaires néerlandaises, dont certaines sont également représentées aujourd’hui.

Nous soutenons les petites et moyennes entreprises Et nous sommes très fiers, à la Banque européenne d’investissement, de soutenir les Pays-Bas et les innovateurs néerlandais. Car nous donnons véritablement une impulsion à l’échelle du continent. Nous finançons des entreprises comme Lumicks. J’ai eu l’occasion de visiter il y a quelques mois cette entreprise active dans la recherche sur le cancer. Nous finançons également Xeltis, qui développe des vaisseaux sanguins artificiels pour les pontages coronariens. Ces investissements ne sont donc pas seulement des chiffres ou des concepts abstraits. Ce sont des investissements qui changent la donne sur le terrain. Ce sont des réussites nationales et ce sont aussi des réussites européennes. Je pense que cela devrait nous donner confiance, confiance en nous et en notre capacité à avancer vers un avenir prospère.

Rapidité et échelle

Mon deuxième point, et c’est un message qui revient sans cesse dans mes échanges avec les investisseurs, le monde de l’entreprise, les responsables politiques, et dans toutes mes conversations à l’extérieur : nous avons besoin d’échelle et de rapidité pour tirer parti de ces atouts. Car l’Europe a des talents, nous avons des capitaux, la priorité est de mettre ces capitaux au service de ces talents, de créer un espace pour que ces talents s’expriment. C’est pourquoi, au sein du Groupe Banque européenne d’investissement, l’une de nos grandes priorités l’année dernière a été la sécurité et la défense et le renforcement des capacités dans ce domaine. Nous sommes aujourd’hui sur la bonne voie. Et en 2026, nous voulons apporter une contribution notable à l’union de l’épargne et des investissements en Europe. Nous voulons apporter une contribution à partir du terrain, en complément des initiatives législatives et politiques, afin de pouvoir créer des instruments capables de soutenir et mobiliser des investissements privés.

L’année dernière, nous avons lancé une initiative appelée TechEU en vue de soutenir et de renforcer notre capacité à investir dans des entreprises cheffes de file technologiques. Nous voulons faire en sorte que les idées, les technologies et les entreprises nées en Europe puissent aussi s’y développer et y prospérer, et que fortes de leur implantation aux Pays-Bas, en Europe, elles deviennent des cheffes de file mondiales. Nul besoin d’en expliquer les raisons dans cette salle et dans ce pays qui compte tant de belles réussites et de bons exemples à cet égard.

Renforcement de l’ICTE et du mécanisme d’apport de fonds propres à l’appui de la défense

Pour l’avenir, retenez simplement ceci : nous travaillons à une deuxième génération de notre initiative Champions technologiques européens afin de pouvoir aussi mobiliser et attirer des investisseurs institutionnels privés, en leur donnant des moyens plus flexibles de soutenir les innovateurs européens. Nous renforçons également le mécanisme d’apport de fonds propres à l’appui de la défense afin de développer l’écosystème des mégafonds d’investissement en Europe ainsi que celui, émergent, des fonds de capital-risque spécialisés dans la défense. D’ailleurs, les Pays-Bas en sont un très bon exemple. À ce jour, nous avons investi dans plusieurs fonds, dont Keen Ventures ici aux Pays-Bas, dans le domaine de la sécurité et de la défense.

Nous sommes également parvenus à créer en Europe 14 mégafonds en seulement quelques années, soit 1 milliard d’euros de capital chacun, qui soutiennent déjà 11 licornes. Nous en avons plusieurs exemples ici aux Pays-Bas. Framer en fait partie. Je me réjouis que nous ayons pu bâtir cet écosystème et créer des synergies. La coopération est excellente non seulement avec le gouvernement néerlandais, mais aussi avec le monde de l’entreprise ici. Et maintenant, ce que nous voulons, c’est que d’autres investisseurs puissent aussi prendre part à cette réussite.

J’ai déjà évoqué la sécurité et la défense, mais aujourd’hui, avec les évolutions que nous observons autour de nous, je tiens à souligner à quel point l’année 2025 a marqué un tournant. Nous avons atteint notre objectif de consacrer 5 % de nos financements au sein de l’UE à la sécurité et à la défense. Et nous disposons d’une solide réserve de projets dans les domaines de la mobilité militaire et des infrastructures critiques, de la recherche-développement et des capacités industrielles. C’est le cas, par exemple, dans la fabrication de drones ou dans le financement des petites et moyennes entreprises en Europe. Et je dois vous dire que, pendant les 10 minutes où nous étions à l’extérieur, nous avons déjà eu une excellente discussion pour intégrer aussi les Pays-Bas dans cet instrument afin de soutenir l’écosystème des petites et moyennes entreprises.

Et enfin, il s’agit d’appuyer ces fonds de capital-risque spécialisés. Je voudrais dire un mot sur Robert de Groot, qui est vice-président de la Banque européenne d’investissement. Vous le connaissez toutes et tous très bien, et son action fait vraiment la différence. Au sein de notre institution, c’est précisément lui qui est chargé du volet sécurité et défense. Nous avons connu un tel succès l’année dernière que je suis convaincue que nous parviendrons cette année encore à renforcer notre capacité à accorder des financements et à attirer des capitaux privés pour des technologies innovantes, des innovateurs et des entreprises pionnières en Europe.

L’unité fait notre force

J’en arrive à mon troisième et dernier point. C’est un message d’une grande simplicité : lorsque nous, Européens, restons unis, rien ne peut nous arrêter.

Je pense que c’était aussi le message véhiculé par le discours précédent, qui rappelait la manière dont vous avez agi pendant la pandémie et aussi pendant la guerre, et comment vous avez su rassembler tout le monde et unir les forces des secteurs public et privé afin que nous puissions vraiment surmonter ces défis ensemble.

Notre unité est vraiment notre plus grande force, et nul doute que cela doit être la voie à suivre.

L’année dernière, la Banque européenne d’investissement a pu mettre à disposition 100 milliards d’euros de financements. C’est un montant record. Sur ce montant, nous avons financé la moitié des projets de réseaux énergétiques en Europe, une centrale solaire sur cinq, d’un parc éolien terrestre sur trois. Nous finançons la plupart des parcs éoliens en mer en cours de construction en Europe. Ce matin même, à Rotterdam, l’accord que nous avons signé, puisqu’il a déjà été mentionné, porte sur l’électrification du système d’alimentation, pour permettre aux navires qui entrent dans le port de couper leurs moteurs quand ils sont à quai et de se raccorder au réseau électrique. Cela permet de réduire les émissions de dioxyde de carbone bien sûr, de faire baisser les coûts et de diminuer notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles. C’est vraiment l’un de ces projets qui me rendent fière, parce que cela change véritablement la donne sur le terrain.

Il est clair que nous devons maintenir le cap et unir nos forces, car nous serons alors en mesure d’intégrer les marchés, de simplifier les règles, de mobiliser des investissements à grande échelle et de nouer des partenariats solides dans le monde entier.

Rapprocher le monde de l’entreprise et la société

Et c’est aussi ce dont nous avons besoin : des personnes capables de jeter des ponts. Et Ingrid en est le meilleur exemple. Car à partir de maintenant, vous allez réunir les innovateurs et les chercheurs sous un même toit. Vous allez vous trouver dans une dynamique différente, à une échelle différente, mais avec exactement le même objectif : jeter des ponts. Comment combler l’écart entre la recherche et l’innovation ? Comment faire en sorte que le réseau d’universités aux Pays-Bas, en Europe, collabore en vue d’accroître nos capacités ? Comment mobiliser des financements de la BEI, de la banque nationale de promotion économique, du secteur privé, afin de pouvoir investir là où cela est nécessaire ?

Je ne peux que reprendre les mots de mon prédécesseur à la tribune : c’est un rôle taillé sur mesure pour vous. C’est un nouveau jalon idéal dans votre carrière.

Vous pourrez continuer à tirer parti des atouts de l’Europe, tout en étant encore plus proche de la réalité sur le terrain. Vous aurez la chance d’être au contact des jeunes, et je pense que c’est une perspective inspirante. Je pense que nous aimerions tous et toutes avoir cette possibilité d’être au plus près des jeunes. Ils voient l’avenir différemment, et ce sont eux qui bâtiront cet avenir meilleur. J’en suis absolument convaincue.

Et je pense, comme je l’ai déjà mentionné, que cela marquera le début d’un nouveau et merveilleux chapitre dans notre partenariat.

Alors, tous mes vœux de réussite, comptez sur nous et bonne chance. J’ai hâte d’entendre parler de vos prochains succès.

Je vous remercie.