L’eau nous vient du ciel, elle ruisselle, elle s’amasse dans les nappes phréatiques et les lacs, elle s’évapore.
Les observations, interprétations et conclusions exposées ici sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les points de vue de la Banque européenne d’investissement.
>> Vous pouvez télécharger l'article ici. Découvrez la magnifique exposition de photos de Yann Arthus-Bertrand et Philippe Bourseiller, « Sur l’eau », ici.
L’eau et la vie
L’eau est depuis les origines liée à la vie. Elle est un élément essentiel sur Terre.
L’eau des océans, qui couvrent 70% de la surface terrestre, joue un rôle important comme écosystème et source d’alimentation car non seulement elle abrite les réserves halieutiques, mais elle est aussi un facteur d’équilibre climatique.
L’eau et le consommateur
La référence à la consommation d’eau pour chacun d’entre nous est essentiellement liée à la partie visible des flux d’eau dans notre vie quotidienne : la douche du matin, les toilettes, la lessive, la cuisine et la vaisselle, voire l’arrosage du potager ou de la pelouse… ce qui se traduit par un chiffre en mètres cubes et en euros sur une facture. C’est réel, concret et mesurable. Et les diverses campagnes de recommandations pour une économie de la ressource nous ont amenés à installer des chasses double flux, des économiseurs aux robinets, à couper le flux pour ne pas laisser couler l’eau inutilement, etc. Nous sommes donc conscients que nous avons un certain degré de maîtrise sur cette consommation… mais nous ne jouons que sur 12% de la totalité.
L’eau n’est pas que douce
En tant qu’écologiste essayant de toujours conserver une vision globale, je ne peux me résoudre à séparer le monde qui nous entoure en éléments indépendants. Car tout est lié sur notre planète : la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau, le climat, les impacts de l’Homme et les impacts sur l’Homme… L’eau fait partie d’un grand cycle et il m’est impossible de ne pas mentionner les océans dans le scénario de l’eau.
Les océans – où devrais-je plutôt dire l’Océan ? – sont des masses d’eau reliées entre elles au niveau des quarantièmes et cinquantièmes degrés de latitude sud, le long du continent antarctique. Leur dénomination en océan Atlantique, Indien ou Pacifique, n’est en réalité que le fruit d’une identification par les marins explorateurs et les géographes. Ils sont parcourus par un grand courant transocéanique qui fait circuler d’énormes masses d’eau à travers chacun d’entre eux : eaux froides en profondeur, eaux tempérées en surface. Ces courants de surface brassent environ 10% de la masse totale d’eau océanique, et cette couche d’environ 300 mètres d’épaisseur est celle qui interagit avec l’atmosphère : évaporation, influence des vents, formation des masses nuageuses qui seront source de précipitations, gyres océaniques qui concentrent les déchets…
Tout est lié sur notre planète : la biodiversité, la qualité de l’air et de l’eau, le climat, les impacts de l’Homme et les impacts sur l’Homme…
Or les océans pâtissent eux aussi des activités humaines avec des conséquences parfaitement identifiables sur le devenir de nombreuses populations. Le réchauffement climatique entraîne la migration des espèces vers des eaux plus froides, l’acidification des océans par absorption des excès de dioxyde de carbone émis dans l’atmosphère, avec pour corollaire le blanchissement des coraux et la perte de la biodiversité, l’appauvrissement des zones de pêche vivrière…
Et que dire des déchets ? Les océans sont lointains, ils sont gigantesques, ils sont hors de vue de la plupart d’entre nous. Mais ils sont de plus en plus pollués par nos activités. En effet, 80% des déchets retrouvés dans les océans proviennent de nos activités dans les terres. Un mégot de cigarette négligemment jeté dans le caniveau peut entreprendre un périple qui le mènera au bord de mer. Un sac plastique utilisé quelques minutes pour transporter des légumes du marché au domicile se retrouvera un jour dans le grand gyre au centre de l’Océan Pacifique, comme composant de ce qui est surnommé « le 7ème continent de plastique » : un amas de plastiques semi décomposés dont la surface représente six fois la France. Sans oublier ses petits cousins dans les autres océans ! Pour vous donner une référence visuelle, imaginez que nous jetons à la mer à chaque seconde un camion benne plein de plastiques !
Mais me direz-vous, quel est donc le lien avec le sujet qui nous occupe : l’eau ? C’est très simple : il ne s’agit pas d’un lien direct de cause à effet, mais plutôt d’un lien comportemental, d’un lien qui passe par l’Homme, par chacun d’entre nous et de notre relation à notre environnement, et de notre relation à nous-mêmes. Car si nous ne sommes pas capables de préserver notre environnement au quotidien, nous ne serons pas capables d’assimiler le problème de l’eau dans sa globalité, et donc d’y apporter remède.
L’eau catastrophe
Les impacts négatifs de l’eau sur les écosystèmes sont notoires, ainsi que leur corollaire sur les populations.
En effet, l’énorme majorité des catastrophes naturelles sont liées à l’eau, et 70% des décès induits sont dus à des inondations. Le dérèglement climatique provoque des évènements météorologiques plus extrêmes, allant de pluies diluviennes à des sécheresses persistantes selon les régions et les saisons. Le réchauffement des eaux de surface des océans alimente des cyclones, ouragans ou typhons plus souvent de forte intensité.
L’eau d’espoir
Les Nations Unies ont inscrit pour 2030 l’objectif de développement durable ODD#6, l’accès pour tous à une eau propre et à l’assainissement. Cet objectif a lui même des implications transversales sur les 16 autres ODD. C’est un des éléments clé du développement, de la santé et de la sécurité alimentaire.
L’eau est un bien commun qu’il nous faut gérer durablement, à tous niveaux : individus, industries, collectivités, états.
Dans leur analyse stratégique, de nombreuses entreprises font déjà le lien entre gestion de l’eau, changements climatiques et impacts sur leur environnement et leur profitabilité. L’association CDP, dans son récent rapport mondial sur le thème de l’eau, collecte les informations relatives à la gestion de l’eau de plus de 2000 multinationales. Les plus avancées d’entre elles établissent un prix interne de l’eau pour comptabiliser les coûts et les bénéfices aux niveaux social et environnemental. Ces entreprises ont engagé 23,4 milliards de dollars en 2017 sur plus de 1000 projets liés à l’eau dans 91 pays. C’est important certes, mais le G20 estime les besoins en investissements dans le secteur de l’eau par les entreprises, les villes et les pays à 7300 milliards de dollars d’ici 2030. Les projections actuelles soulignent pour conséquent qu’il manque 1500 milliards de dollars d’investissement dans le secteur.
Retour à la source
Fondamentalement, chacun d’entre nous doit donc avoir conscience que l’eau fait partie d’un cycle global qui comporte un temps de renouvellement. C’est une boucle fermée qui a son propre rythme, un rythme qui n’est pas celui de notre société où tout s’emballe, où l’immédiateté est la règle. La sagesse du long terme est la condition pour que l’eau retrouve son rôle premier : une ressource d’avenir, une source de vie.
L’eau, c’est la vie. Les prêts et les prestations d’assistance technique de la BEI facilitent l’accès des populations en Europe et ailleurs dans le monde à une eau saine et à des installations d’assainissement à la pointe de la technologie. En savoir plus sur l’engagement de la BEI à l’égard du secteur de l’eau.
Les observations, interprétations et conclusions exposées ici sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les points de vue de la Banque européenne d’investissement.
Télécharger l'essai
© Banque européenne d'investissement 2018
Photos : © Yann Arthus-Bertrand. Tous droits réservés