Lors d’une conférence de presse à Lisbonne, la présidente Nadia Calviño a présenté les activités du Groupe BEI au Portugal pour 2025
Je voudrais vous présenter toutes les autres personnes qui, au quotidien, travaillent ici au Portugal, identifient les projets et accompagnent également le secteur public et les entreprises. Et c’est une année véritablement très spéciale pour notre présentation, parce que nous célébrons aussi les 40 ans de l’adhésion du Portugal à l’Union européenne.
Il est intéressant de noter que le Portugal a rejoint l’Union européenne il y a 40 ans, alors que la Banque européenne d’investissement a commencé à y opérer il y a 50 ans. Donc, lorsque le Portugal a rejoint l’Union européenne, la BEI y intervenait déjà. C’est tout à fait remarquable, car cela symbolise et représente un partenariat étroit qui, au fil des décennies, n’a cessé de se renforcer et de porter ses fruits. Et cela illustre aussi, je crois, le rôle très important que le Groupe Banque européenne d’investissement a joué pour soutenir la prospérité et la croissance du Portugal, comme le ministre l’a souligné dans son introduction.
Ainsi, partout où il y a un grand projet emblématique d’importance nationale, vous verrez très probablement un drapeau européen. Et vous trouverez très probablement derrière ce projet un financement octroyé par la Banque européenne d’investissement. Voici quelques exemples figurant sur cette diapositive, qui sont tout à fait parlants : le pont Vasco da Gama ; WindFloat Atlantic, premier parc éolien flottant en mer d’Europe, à une vingtaine de kilomètres au large de Viana do Castelo ; le soutien apporté au plan directeur de drainage de Lisbonne, dont j’ai eu l’occasion ce matin d’écouter la présentation des travaux de construction.
Quand cela a été nécessaire, un soutien a été apporté à Madère après les inondations désastreuses des années 2010. Il se poursuit et permet de contribuer à la construction et à la rénovation de logements abordables et sociaux dans tout le pays ; le campus emblématique de la Nova School of Business and Economics à Carcavelos ; et les trois licornes portugaises dans lesquelles le Fonds européen d’investissement a investi, en partenariat avec Banco Português de Fomento : Sword Health, Remote et Anchorage. En résumé, la Banque européenne d’investissement est présente là où l’on a besoin d’elle, contribuant à bâtir une économie plus prospère et plus moderne au Portugal et accompagnant le processus démocratique tout au long de ces décennies.
Permettez-moi d’apporter un peu de contexte avant d’aborder les chiffres concernant le Portugal, en présentant une vue d’ensemble de l’activité du Groupe BEI en 2025. Alors que l’ordre mondial entre manifestement dans une nouvelle phase, la Banque européenne d’investissement soutient les priorités politiques de l’Union européenne grâce à sa véritable force de frappe financière, qui change la donne sur le terrain. Et 2025 a été, de ce point de vue, une année de réussite extraordinaire.
Avec un montant record de 100 milliards d’euros de financements et en atteignant des niveaux historiques dans six domaines clés : les réseaux énergétiques et le stockage d’énergie ; l’innovation visant à renforcer la primauté technologique de l’Europe ; la sécurité et la défense ; l’accroissement du parc de logements abordables ; le financement de l’agriculture et de la bioéconomie ; et le soutien apporté à l’Ukraine.
Donc, une année record dans l’ensemble, mais aussi dans ces six domaines clés. Cela a été rendu possible grâce au soutien unanime de nos actionnaires qui, l’an dernier, ont approuvé non seulement la Feuille de route stratégique, mais aussi la possibilité d’augmenter le plafond maximal respecté par la Banque européenne d’investissement, afin que nous puissions utiliser la force de frappe conférée par notre modèle d’activité très durable et robuste, notre note AAA, et un bilan très solide de plus de 600 milliards d’euros qui fait de la BEI la plus grande institution financière multilatérale. Voilà donc le contexte, le cadre général dans lequel s’inscrivent les activités de la Banque européenne d’investissement. Je vais maintenant parler plus spécifiquement du Portugal. Comme le ministre l’a déjà indiqué, l’année 2025 a été une année d’activité record pour le Groupe BEI dans le pays.
Nos activités de financement et d’investissement y ont atteint 3 milliards d’euros, ce qui représente une augmentation de 43 % par rapport à l’année précédente. L’année 2025 figure parmi les plus actives de notre histoire dans le pays. Et cet investissement de la part du Groupe BEI devrait permettre de mobiliser environ 12 milliards d’euros d’investissement au total dans des projets, ce qui représente près de 4 % du PIB du Portugal.
Je dois vous dire que c’est la part la plus élevée par rapport au PIB parmi tous les États membres. Ainsi, l’impact de la BEI au Portugal est le plus important au sein des 27 États membres en 2025. Et ce chiffre exceptionnel est encore plus impressionnant si l’on regarde la façon dont ces financements ont été déployés, à l’appui d’investissements records en faveur du logement, du climat, des transports, dans tous les secteurs de l’économie portugaise.
L’action pour le climat atteint des niveaux historiques. Elle est au cœur de notre travail, consolidant notre rôle de banque du climat. Au Portugal, elle représente 2,1 milliards d’euros. Cela signifie que près de 7 euros sur 10 investis au Portugal soutiennent la transition verte.
Nous avons soutenu la décarbonation des industries, la modernisation des réseaux électriques, l’efficacité énergétique dans le secteur public et les entreprises privées. Parmi les projets phares, citons le programme de décarbonation de l’entreprise The Navigator Company, les travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique dans 400 magasins de détail, l’extension et la modernisation des réseaux électriques d’EDP ou encore les investissements dans l’efficacité énergétique des écoles publiques à travers le pays.
Ces investissements renforcent la résilience du Portugal et sa capacité à faire face aux effets des changements climatiques, qui – je n’ai pas besoin de l’expliquer – ont été particulièrement importants après les inondations subies cette année.
Au passage, j’ai le plaisir d’annoncer que le Groupe BEI est à pied d’œuvre depuis le premier jour afin de mettre au point un train de mesures de soutien pour le pays et ainsi financer dès que possible, et retrouver au plus vite, une situation normale dans les régions les plus directement touchées par les inondations. Nous finalisons les négociations autour d’un accord, qui devrait être approuvé en avril, portant sur 1 milliard d’euros de financements et comportant deux piliers : jusqu’à 300 millions d’euros pour reconstruire les infrastructures endommagées – il s’agit donc d’un prêt à la République portugaise – et jusqu’à 750 millions d’euros de lignes de crédit intermédiées pour les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, via des banques commerciales, afin de soutenir le dynamisme du Portugal. Ainsi, la BEI est présente là où l’on a besoin d’elle, comme je l’ai dit, en apportant un soutien contracyclique, des investissements stratégiques de long terme et de grande ampleur, et en contribuant également à la reconstruction du pays après la catastrophe et des situations comme celle qu’il a récemment connue avec les inondations.
Je passe maintenant à un autre élément clé de l’ADN de la BEI : la politique de cohésion. Le Groupe BEI a redoublé d’efforts en faveur de la transition verte et, dans le même temps, a renforcé son engagement à promouvoir la cohésion économique, sociale et territoriale. Nous mobilisons donc l’investissement là où le besoin s’en fait sentir, en offrant des perspectives à chaque région de notre Union. En 2025, le Groupe BEI a accordé 2,4 milliards d’euros de financements en faveur de la cohésion au Portugal, ce qui représente près de 80 % de notre investissement total dans le pays.
L’année 2025 a également été une année record en matière de financement des infrastructures sociales. Nous avons fourni plus de 1 milliard d’euros pour soutenir les infrastructures sociales au Portugal, dont 750 millions d’euros pour le logement abordable, un montant record à l’appui du programme national de logement abordable. Cela contribuera à la construction et à la rénovation de quelque 12 000 logements dans l’ensemble du pays.
Certaines unités, d’ailleurs, sont déjà en cours de livraison à Oeiras, à Amadora, près de Lisbonne, ainsi qu’à Porto et à Caia. Et j’ai le plaisir d’annoncer aujourd’hui que nous prévoyons de renforcer notre engagement en matière de logement au Portugal, avec une nouvelle enveloppe de 1,5 milliard d’euros, qui sera dédiée au logement social. Notre Conseil d’administration devrait l’approuver en mars, en plaçant un accent particulier sur la rénovation des bâtiments existants, afin que nous puissions proposer des logements sociaux abordables dans tout le pays.
Dans le cadre de ce soutien renforcé aux infrastructures sociales, la BEI a également signé en 2025 un financement de 300 millions d’euros visant à moderniser les écoles publiques, à améliorer les conditions d’apprentissage ainsi que l’efficacité énergétique pour les collectivités sur l’ensemble du territoire. Je sais qu’il s’agit aussi d’une priorité absolue pour le maire de Lisbonne. Ce sont des exemples très concrets de la façon dont la BEI change la donne sur le terrain.
Je passe maintenant à un autre domaine très stratégique pour le pays : 2025 a aussi été une très bonne année pour les transports, comme je l’ai déjà mentionné. En particulier grâce à la signature du projet emblématique que représente la ligne à grande vitesse Lisbonne–Porto. Nous avons accordé près de 1 milliard d’euros de financements pour soutenir des modes de transport plus durables, et il ne vous surprendra guère de voir qu’il s’agit de l’un des investissements phares de la BEI au Portugal de ces quelques décennies.
Notre première tranche du prêt de 3 milliards d’euros que la BEI a approuvé pour soutenir la première phase de cette infrastructure est déjà mise à disposition. Et, bien sûr, lorsque le projet aura été mené à bien, il réduira très sensiblement les temps de trajet pour les citoyennes et citoyens, tout en reliant ces deux pôles majeurs d’activité économique au Portugal.
Nous avons également stimulé l’innovation en injectant un montant record de près de 500 millions d’euros dans l’innovation, l’innovation technologique, les jeunes pousses. Le FEI joue un rôle crucial pour renforcer l’écosystème du capital-risque au Portugal. En 2025, nous avons soutenu trois fonds de participation : Indico, axé sur les entreprises en phase de démarrage et actives dans les domaines de l’intelligence artificielle, des technologies de rupture, des technologies spatiales et des technologies océaniques ; Vibe Capital et Crest, qui visent à stimuler la croissance des petites et moyennes entreprises portugaises.
Les gestionnaires de fonds, sélectionnés par le Fonds européen d’investissement, font une contribution remarquable à l’innovation de pointe, en soutenant des jeunes pousses portugaises ambitieuses opérant dans les domaines de l’intelligence artificielle, des technologies de rupture, des biotechnologies et des technologies climatiques. Un exemple récent est l’investissement du fonds Biovance dans Mondego Bio en 2025, une entreprise portugaise innovante, spécialisée dans le traitement du cancer.
La BEI contribue également à l’innovation et à la compétitivité dans le pays par des prêts directs visant à soutenir les technologies propres, qui accélèrent la décarbonation de l’industrie, ou la transformation numérique des réseaux électriques.
J’arrive maintenant à la fin, mais je souhaite, pour conclure, souligner le soutien apporté par le Groupe Banque européenne d’investissement aux petites et moyennes entreprises, qui forment l’épine dorsale de l’économie portugaise. Les PME restent un élément clé et un axe prioritaire pour la Banque européenne d’investissement. En 2025, nous avons engagé plus de 500 millions d’euros pour les soutenir. Cela signifie que plus de 10 000 entreprises ont bénéficié d’un financement octroyé par le Groupe Banque européenne d’investissement et qu’environ 245 000 emplois ont été soutenus grâce à ces financements.
Nous avons renforcé notre partenariat avec les banques commerciales afin de rendre le financement plus accessible, tous secteurs et régions confondus. Par exemple, l’accord avec Santander Totta, qui vise à soutenir les PME du secteur agricole au Portugal, et cible plus spécifiquement les jeunes agricultrices et agriculteurs.
Une étape importante l’an dernier pour soutenir les petites et moyennes entreprises a été la signature d’une initiative visant à mobiliser 6,5 milliards d’euros au moyen de garanties. Et cela a été rendu possible grâce à la contribution du plan portugais pour la reprise et la résilience.
Le plan NextGenerationEU a été intégré dans le compartiment national d’InvestEU, un instrument européen existant, et complété par le Fonds européen d’investissement. Cela nous a permis, en collaboration avec Banco Português de Fomento, de déployer très rapidement les fonds au titre de NextGenerationEU et d’acheminer des financements vers les PME et les entreprises de taille intermédiaire dans tout le pays. Nous en parlions à l’instant avec le ministre : le Portugal a été à l’avant-garde pour ce qui est de l’utilisation efficace de la Facilité pour la reprise et la résilience et des prêts NextGenerationEU en vue de soutenir les petites et moyennes entreprises du pays.
Enfin, je voudrais cueillir l’occasion pour évoquer les activités du Groupe BEI en dehors de l’Union européenne, grâce auxquelles nous nouons des partenariats internationaux. Évidemment, l’un des principaux atouts de l’Union européenne est le réseau d’accords commerciaux et d’investissement ainsi que les partenariats politiques et sociaux que nous avons dans le monde entier. Cela fait partie de l’identité de l’Europe. Cela fait partie de l’identité du Portugal. J’aime utiliser cette image : dans un monde où l’on parle d’ériger des murs, nous construisons des ponts à travers le monde, en renforçant les partenariats qui peuvent apporter compétitivité, prospérité, sécurité et paix à l’Europe.
Comme je l’ai déjà mentionné, la Banque européenne d’investissement est l’une des plus grandes institutions financières multilatérales au monde. Les régions que nous évoquons aujourd’hui – de l’Ukraine à l’Afrique, du Moyen-Orient aux Amériques – sont prioritaires pour l’établissement de partenariats qui soutiennent une prospérité partagée.
Qu’il s’agisse d’investir dans des infrastructures essentielles dans les domaines de l’énergie, des transports, des télécommunications ou de l’eau, la BEI continuera de jouer un rôle clé au cœur de la famille des banques multilatérales de développement.
Cette diapositive montre quelques projets marquants mis en œuvre en 2025 dans des pays lusophones, comme l’appui aux entrepreneuses et aux réseaux électriques au Brésil ; des financements à l’appui de l’extension de l’énergie éolienne et du stockage par batteries au Cabo Verde ; ou encore le financement de programmes de protection contre le cancer du col de l’utérus en Angola.
Sur ce, je conclus la présentation de l’activité du Groupe BEI au Portugal en 2025, une année exceptionnelle où chacun des projets que nous avons financés produit un impact positif pour les entreprises et les citoyennes et citoyens au Portugal, du logement et de l’éducation à l’action pour le climat, en passant par la mobilité, l’innovation, le développement régional, et le soutien aux PME.
Nos financements contribuent à façonner une économie plus forte, plus prospère et plus durable. Ainsi, 50 ans après le début de nos activités dans le pays, je ne peux que partager la fierté et la satisfaction de constater que tous ces exemples illustrent bien notre engagement fort vis-à-vis du pays. Un engagement qui, j’en suis sûre, se poursuivra en 2026 et au-delà.