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Réunis aujourd'hui au siège de la Banque européenne d’investissement à Luxembourg, les principales banques multilatérales de développement (BMD) et le Fonds monétaire international (FMI) ont planifié leur stratégie pour soutenir une reprise durable de l’économie mondiale et ont convenu que l’Accord de Copenhague leur donnait la possibilité d'agir pour financer des mesures destinées à lutter contre le changement climatique.

Après avoir noté les signes de reprise économique à l’échelle mondiale, les BMD et le FMI ont reconnu l’importance d’une coopération renforcée pour éviter une crise systémique plus large encore.  Ils ont conclu que l’économie mondiale restait fragile et que les BMD devront continuer à jouer un rôle anticyclique en 2010.

Dans ce contexte, ils se sont félicités des augmentations de capital qui ont été approuvées au sein de la BAD, de la BEI et de la BID et ont souhaité que les négociations en cours au sein de la BAfD, de la BERD et du Groupe Banque mondiale sur la reconstitution de leurs ressources trouvent elles aussi une issue favorable.

Au-delà de l’obligation immédiate de faire face à la crise, les BMD continuent de concentrer leurs efforts sur la prévention des crises, l’appui à une croissance et un développement durables et, en particulier, la nécessité de lutter contre le changement climatique.

Dans le droit fil de leur déclaration conjointe de décembre 2009 (1), les BMD et le FMI accueillent avec satisfaction l’engagement pris par les pays développés – dans le cadre de l’Accord de Copenhague – de fournir rapidement des financements supplémentaires pour un montant de 30 milliards d’USD sur la période 2010-2012 et de mobiliser d’ici à 2020 la somme de 100 milliards d’USD pour aider les pays en développement à faire face aux incidences du changement climatique et à parvenir à la réduction radicale des émissions requise à l’échelle mondiale pour  que l’augmentation des températures terrestres ne dépasse pas 2 degrés Celsius.

Les BMD réaffirment qu’elles sont prêtes à fournir une aide technique à la mise en œuvre du processus onusien et elles reconnaissent l’importance que revêt la conclusion, dans les meilleurs délais, d’un accord international juridiquement contraignant sur le changement climatique pour l'après 2012.  Elles souhaitent que les discussions qui auront lieu ce mois-ci et le mois prochain à Bonn permettent d’avancer sur cette voie.

La fourniture accélérée de financements est importante pour renforcer la confiance avant de s’accorder sur un nouveau cadre d’action à l’échelle internationale.  Les BMD possèdent l’expérience et les capacités requises pour attirer les fonds publics et privés afin d’aider au déploiement efficient de ces ressources financières à l’appui d’investissements à faible intensité carbonique et peu sensibles aux effets du changement climatique dans les pays en développement.  Elles coordonneront leurs interventions de manière à permettre aux pays bénéficiaires et aux autres parties prenantes de faire le meilleur usage possible de ces flux financiers supplémentaires.  Les BMD sont conscientes du rôle  significatif que jouera le secteur privé à la fois dans le financement et dans la mise en œuvre de ces investissements à faible intensité carbonique et elles soulignent leur engagement à attirer ces financements. 

Les BMD approuvent sans réserve la création, à l'instigation du secrétaire général des Nations unies, d'un groupe consultatif de haut niveau sur les financements liés au climat et la présence, parmi ses membres, du président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka.  Elles s’engagent, collectivement, à appuyer les travaux de ce groupe au cours de ces prochains mois.

À titre d’exemple de cette collaboration renforcée, les BMD se sont félicitées des progrès accomplis dans la mise en œuvre des Fonds d’investissement climatiques (FIC), un programme élaboré conjointement par plusieurs BMD pour financer des investissements peu sensibles au climat.  Avec l'approbation de quatre nouveaux plans d'investissement au cours des réunions des FIC le mois dernier à Manille, ce sont 4,4 milliards d'USD qui ont été affectés à l'appui des technologies propres.  Ces réunions ont également permis d’approuver l’octroi, aux deux premiers bénéficiaires de ces fonds, d’aides non remboursables en faveur de la résistance aux chocs climatiques.

Les banques multilatérales de développement s'efforceront de poursuivre l'harmonisation de leurs politiques dans le domaine du changement climatique et d'intensifier leurs actions conjointes dans la gestion des connaissances et le partage des outils et des méthodologies d'appui aux pays au moyen d'évaluations de la vulnérabilité et des risques climatiques, de mesures d’atténuation appropriées à l’échelle nationale et d'une meilleure gestion forestière.

Les banques multilatérales de développement ont par ailleurs échangé leurs points du vue sur d'autres questions liées à l'instance du G20 , telles que la lutte contre les juridictions fiscales non coopératives, la consolidation de la réglementation prudentielle internationale, la lutte contre la corruption, le renforcement des actions contre le blanchiment d'argent et la réduction de la fraude fiscale.

La rencontre de ce vendredi réunissait Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, Haruhiko Kuroda, président de la Banque asiatique de développement, Thomas Mirow, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Philippe Maystadt, président de la Banque européenne d’investissement, Roberto Vellutini, vice-président de la Banque interaméricaine de développement, et Murillo Portugal, directeur général adjoint du Fonds monétaire international. Le groupe de la Banque mondiale était représenté par Lars Thunell, vice-président directeur de la Société financière internationale (IFC).

La réunion des dirigeants des BMD est un forum au sein duquel les principales institutions financières internationales échangent des vues et se fixent des objectifs communs sur de grandes problématiques telles que le changement climatique. Elle a lieu deux fois par an et la prochaine rencontre est prévue pour octobre 2010.

(1) Déclaration conjointe des banques multilatérales de développement et du FMI en prélude à la Conférence de Copenhague