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    >> « Solutions pour le climat », également disponible en podcast et en livre électronique


    par Stephen Hart et Andrew Neill

    La nature est au cœur de la stabilité des cycles du carbone, de l’eau et de l’énergie. Bien souvent, nous ne discernons pas les liens au sein de la vie microscopique et, parfois, nous ne parvenons pas à avoir une vision globale de la manière dont ils se nouent et circulent tout autour de la planète. Évolutif et changeant, ce système adaptable a été modifié sous l’effet de l’intervention humaine et des catastrophes naturelles.  Mais, gardons-nous de tenir cette capacité d’adaptation pour acquise.

    Ce que nous consommons et brûlons forme un voile autour de la planète, s’infiltre dans les océans et s’insinue dans notre organisme et celui de tout autre être vivant. Nous avons rompu quantité de liens et de cycles naturels. Notre progrès économique s’est accompagné d’un mépris flagrant à l’égard du coût qu'il représente pour notre monde. L’humanité non seulement dépend de la nature – dont elle partage les vulnérabilités physiques – pour sa survie matérielle, mais cette dépendance a aussi de profondes implications pour l’idée que nous avons de notre place dans le monde.

    Une chance nous est donnée d’établir de nouveaux liens entre la biodiversité et notre bien-être. Devoir choisir entre une société innovante et prospère et notre environnement naturel est un faux dilemme, car nous devons d’abord prendre conscience des liens qui nous unissent. Lorsque nous investissons dans notre biodiversité et que nous la préservons, nous élargissons notre façon de penser l’économie. La biodiversité et les liens au sein du paysage sont nos infrastructures naturelles. Elles comptent autant pour le développement économique des décennies à venir que les infrastructures que nous construisons à grand renfort de béton, d’acier et de câbles en fibres optiques.

    Les décideurs trouveront ici un nouveau mode d’emploi, qui allie vérités anciennes et urgence climatique, découvertes récentes et évolutions déterminantes dans la finance verte.

    Des sols sains soutiennent la résilience de la couverture végétale, moteur de refroidissement pour le transport vertical de l’eau et de la chaleur.

    Ingénieurs de l’écosystème

    La capacité de la nature à reprendre continuellement possession de chaque recoin terrestre subit une évolution parallèle à celle de la biodiversité. Les bâtisseurs de la nature non seulement créent leurs habitats, mais ils ouvrent la voie à d’autres formes de vie, dont la nôtre. Ce sont les ingénieurs de l’écosystème. Laissez-nous vous éclairer sur leurs méthodes de travail.

    Dans les paysages naturels, des espèces telles que les grands herbivores, les castors ou les sangliers créent des mosaïques changeantes d’une végétation tantôt clairsemée tantôt dense, modèlent les rivières et travaillent les sols. Ils se chargent de l’ingénierie de l’environnement pour le compte d’autres végétaux et animaux qui jouent eux aussi un rôle important dans la pédogenèse et le recyclage des nutriments.

    Occupant une place particulière dans ce processus, les prédateurs influent sur le comportement des herbivores, dont ils contrôlent des populations qui, à défaut, risqueraient de faire disparaître la végétation, démarrant un cycle de dégradation du paysage. Dans les paysages d’aujourd’hui, il peut être difficile d’observer ces relations et comportements anciens. Au fur et à mesure que disparaît le milieu sauvage, de nombreuses espèces sont repoussées en marge de leurs habitats d’origine.

    Les sols forment le système digestif des végétaux. Ils retiennent plus de carbone que l’atmosphère. Des sols sains soutiennent la résilience de la couverture végétale, moteur de refroidissement pour le transport vertical de l’eau et de la chaleur. Le carbone du sol, qui a une longue durée de vie, est piégé par les plantes, les champignons et d’autres éléments de la microflore et de la faune pendant des décennies – voire des siècles –, conditionné par la géologie et la fertilisation naturelle. Les forêts naturelles façonnent les systèmes climatiques locaux et abritent de vastes écosystèmes et réservoirs souterrains de carbone.

    Les propriétés physiques et chimiques de l’eau font des océans le principal puits et transporteur de chaleur et de dioxyde de carbone sur terre. La vie océanique joue néanmoins un rôle essentiel. Ainsi, le plancton produit la moitié de l’oxygène mondial et piège le carbone lorsqu’il périt dans les profondeurs marines. Il est également à la base d’une chaîne alimentaire qui naît en amont des fleuves et s’étend jusqu’aux oiseaux puis aux animaux terrestres, permettant ainsi le recyclage des éléments nutritifs.

    Même si la chasse a beaucoup réduit leur population, les baleines continuent de jouer un rôle essentiel – parallèlement aux processus physiques et à d’autres espèces comme le krill – dans le recyclage et la redistribution des nutriments. En se nourrissant dans les profondeurs et en fertilisant le plancton, elles préservent aussi le climat de la planète.

    ©Phillipe Bourseiller

    Détérioration des infrastructures naturelles

    Faute de protection et d’espaces suffisants, ces infrastructures naturelles se détériorent. L’effondrement des régulateurs naturels du carbone, de l’énergie et de l’eau, en libérant le carbone stocké, aggrave les conséquences des émissions humaines de gaz à effet de serre et empêche leur réabsorption par des processus naturels.

    Remplacer les liens vivants présents dans la nature peut se révéler coûteux, voire impossible. Pensez à ce que nous sommes sur le point de perdre dans un futur proche si nous n’agissons pas dès aujourd’hui. Il est possible d’avoir une idée d’échelle financière en tentant de quantifier le rôle joué par la nature dans nos économies.

    Une bonne illustration à cet égard est la pollinisation des cultures, essentielle pour les fruits et légumes produits dans le monde entier. Nous avons besoin de populations saines et stables de pollinisateurs de différentes espèces pour assurer la sécurité alimentaire et une nutrition adéquate face à une démographie croissante, faute de quoi nous devrons assumer les conséquences de cette perturbation du système alimentaire. À l’échelle mondiale, la pollinisation des cultures contribue à hauteur de l’équivalent de 150 milliards d’euros par an, une valeur créée par la biodiversité indigène pour un coût modique. Pourtant, de manière alarmante, les populations de pollinisateurs connaissent un sérieux déclin.

    Nous pouvons tenter de connaître la valeur cumulée apportée à l’économie par les écosystèmes mondiaux, à savoir la contribution des services écosystémiques. Pour les services écosystémiques auxquels il est possible d’attribuer une valeur financière, cette contribution serait comprise entre 125 000 et 140 000 milliards de dollars par an. Toutefois, la complexité des écosystèmes fait que nous ne comprenons pas toujours, parmi les liens tissés par la nature, lesquels sont les plus importants pour l’ensemble du tableau, ce qui nous empêche de saisir pleinement toutes les conséquences de leur perte.

    Dans son rapport majeur publié en 2019, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques affirme que plus d’un million d’espèces sont en danger imminent d’extinction. Les conséquences pour l’humanité d’un tel effondrement seront catastrophiques. Une perte de diversité est déjà à l’œuvre au sein des espèces, accompagnée d’une baisse de la variation génétique, y compris dans l’alimentation humaine de base, rendant les systèmes alimentaires moins naturellement résistants aux maladies et aux changements climatiques.

    Les plus fortes pressions qui s’exercent sur la nature et sa biodiversité sont les changements dans l’affectation des sols, la croissance démographique et une inefficacité dans l’exploitation et la répartition des ressources. Pour avoir une chance de s’adapter aux changements climatiques, la nature aura besoin d’espace. Lors des prochaines décennies, les changements climatiques sont susceptibles de devenir, parallèlement à l’affectation des sols, l’un des principaux facteurs d’extinction, au fur et à mesure que de nombreuses régions connaîtront des températures qui empêcheront la survie de leurs écosystèmes.

    We need healthy, stable populations of multiple pollinator species to ensure food security.

    Les changements climatiques et l’affectation des sols

    Nous ne gérons pas les sols de manière durable. Des dégradations des sols ont eu lieu à des époques et à des lieux différents tout au long de l’histoire de l’humanité. Toutefois, la pression démographique, le commerce mondial et les pratiques agricoles du XXe siècle, faisant appel à de grandes quantités d’intrants et à une forte mécanisation, ont fait de la dégradation des sols et de la disparition de la couche arable un phénomène mondial qui ne fait que s'accélérer. Vingt-trois pour cent de nos terres connaissent une baisse de productivité, et ce pourcentage est en progression.

    L’exploitation industrielle des sols, accompagnée de grandes quantités d’intrants, a permis des rendements agricoles élevés, mais elle est en train de modifier la structure profonde et la vie des sols, en libérant du carbone dans l’atmosphère. Elle a également instauré une dépendance vis-à-vis de l’énergie, des produits chimiques et du captage des eaux. Il en résulte souvent une perte de l’aptitude des sols à absorber et à retenir l’eau, qui diminue la capacité des sols en question à faire office de tampon en cas de sécheresse ou d’inondation. Le défrichement forestier et une gestion inappropriée des élevages ont également déclenché un processus en chaîne de dégradation et de détérioration de la couche arable et de la gestion de l’eau.

    Au défrichement intentionnel des forêts naturelles et à la multiplication des feux – entraînant la disparition immédiate d’habitats et le rejet de grandes quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère – s’ajoute la perte des arbres liée à la migration et à l’importation de maladies et d’organismes nuisibles dues au commerce mondial et aux changements climatiques.

    La protection des forêts existantes et un reboisement approprié sont essentiels pour mettre fin à la hausse de la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

    La sylviculture commerciale peut toutefois soutenir des paysages durables et favoriser la croissance économique et l’emploi en zone rurale, dès lors que les principes de gestion durable des forêts sont respectés. En outre, la biomasse forestière constitue une source importante de carburant renouvelable. La demande mondiale de bois, de fibres renouvelables et d’autres produits forestiers continue de croître régulièrement à un rythme de 3 % par an. Cette demande est suscitée essentiellement par les emballages biodégradables, les produits en ouate de cellulose et les énergies renouvelables. Le bois est également essentiel pour répondre à la demande de biomatériaux innovants tels que des matériaux de construction capables de stocker le carbone et de remplacer ceux dont la production est très énergivore.

    Les forêts et les autres surfaces boisées couvrent plus de 40 % du territoire de l’Union européenne. Au cours des dernières décennies, leur superficie a augmenté de près de 0,4 % par an sous l’effet du reboisement et de la régénération naturelle, notamment en ce qui concerne les terrains laissés à l'abandon. Le peuplement ligneux des forêts dans l’UE progresse également, 60 % seulement de l’accroissement annuel étant récolté. Un reboisement rapide et à grande échelle est possible à l’aide de programmes gouvernementaux, mais il nous faut agir plus vite encore.

    ©Phillipe Bourseiller

    Protéger nos alliés océaniques contre les effets des changements climatiques

    Les baleines et tous les autres organismes marins subissent les conséquences de la hausse des températures, de la diminution de l’oxygène et de l’acidité croissante due aux émissions de CO2. Les écosystèmes, notamment les eaux côtières et les récifs coralliens, ont subi des altérations dues à l’accumulation des nutriments provenant des terres et à la décimation de prédateurs tels que le requin, le thon et la truite. La perte des prairies sous-marines aura pour résultat de nous priver des puits de carbone les plus vastes au monde et véritables berceaux de la vie marine, notamment d’espèces clés d'un point de vue commercial. La pollution sonore, le trafic maritime et la pêche au moyen de chaluts de fond sont également lourds de conséquences.

    Les régions polaires sont les plus touchées. Dans l’Arctique, une conjonction irréversible de facteurs tels que la hausse des températures, la fonte des glaces, le ruissellement des sols en décomposition et l’acidification s’apprête à changer la physionomie de l’océan et des terres arctiques au cours des deux prochaines décennies, soit en un temps plus court que celui susceptible de permettre aux espèces indigènes de s'adapter.

    Selon les estimations, 8 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les océans, menaçant les écosystèmes marins.

    Les effets de la présence des plastiques et des produits chimiques se font sentir à chaque étape de la chaîne alimentaire marine, nous concernant également en tant que consommateurs. Selon les estimations, 8 millions de tonnes de déchets plastiques finissent chaque année dans les océans, menaçant les écosystèmes marins et les communautés qui en dépendent pour leur subsistance. Quatre-vingt-dix pour cent des déchets plastiques pénètrent dans les océans via une dizaine de grands réseaux hydrographiques, deux situés en Afrique et huit en Asie. Environ 2 milliards de personnes dans le monde ne bénéficient toujours pas d’une collecte de déchets sur une base régulière, tandis que près de 3 milliards n’ont pas accès à un dispositif d’élimination contrôlée des déchets. L’absence de systèmes de collecte et de traitement des eaux usées dans de nombreuses villes en développement est une autre source importante de déchets plastiques.

    Au cours de la prochaine décennie, l’énergie marine, la biotechnologie marine, le tourisme côtier, les transports et la production alimentaire devraient offrir d’importantes possibilités de développement et d’investissement.  Les océans étant déjà en état de surexploitation, il est important de donner la priorité à des modèles commerciaux qui contribuent à reconstituer des écosystèmes en bonne santé.

    La majeure partie des océans se situe en dehors des juridictions nationales, ce qui exige une coopération internationale complexe, alors que les zones côtières relèvent de zones économiques exclusives et peuvent faire l’objet de politiques et de réglementations nationales efficaces favorisant le développement durable. Le secteur financier a également un rôle important à jouer pour encourager une économie bleue durable.

    Les principes de financement de l’économie bleue durable de la Banque européenne d’investissement indiquent la voie à suivre pour des investissements à tendance durable dans un contexte océanique. L’objectif est de faire en sorte que les investissements qui concernent les océans aient une valeur à long terme dénuée de répercussions négatives sur le plan des écosystèmes marins, des efforts visant à réduire les émissions de carbone, des entreprises de toutes tailles dont les activités sont fondées sur l’océan et sur les moyens de subsistance des personnes qui en dépendent. Ces principes visent également à soutenir l’élaboration d’instruments financiers et de modèles de développement qui seront les plus efficaces dans le contexte des investissements liés aux océans, tout en créant progressivement une coalition d’institutions financières qui appuieront ces principes.

    ©Phillipe Bourseiller

    La biodiversité, respect de la nature et cohabitation

    Les lieux de vie de la population ont toujours posé des défis aux paysages et à la nature qui les entoure. Tels les castors, les humains ont cherché à apprivoiser les fleuves pour les rendre moins imprévisibles et plus fiables en tant que ressources. Pour que la nature puisse s’épanouir, il faut que son espace et ses liens soient respectés et qu’un terme soit mis à la surexploitation et au déversement de produits chimiques dans la terre, les cours d'eau et la mer.

    Différentes visions de l’utilisation future de nos sols se dessinent. Elles peuvent coexister voire se renforcer mutuellement. Également désignée sous le terme de « réensauvagement », l’une d’elles voit la nature suivant son cours, avec une influence humaine réduite au minimum. Une autre contemple une biodiversité riche cohabitant avec les activités humaines, dans des paysages ouverts et forestiers aménagés, y compris dans les villes. Lorsque nous encourageons un retour à l’environnement naturel, il importe de collaborer avec les populations et de tenir compte des conflits potentiels entre la faune et les êtres humains.

    Dans un contexte de diminution des terres arables et de multiplication des défis environnementaux, le monde attend des secteurs agricole et agroalimentaire une hausse de la productivité et de l’efficacité. Pour nourrir les 815 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde et les 2 milliards de personnes supplémentaires qui courent le risque de souffrir de sous-alimentation d’ici 2050, les investissements dans l’agriculture et la production alimentaire sont cruciaux.

    Une agriculture plus efficace et plus productive et une bioéconomie innovante sont également essentielles pour pouvoir rendre une partie des terres agricoles à la nature en vue de leur régénération et améliorer les chances d’adaptation aux changements climatiques inévitables. Produire plus d’aliments avec moins d’intrants, utiliser des sous-produits et valoriser les déchets favorisera la compétitivité, la résistance aux chocs climatiques et la pérennisation des chaînes de valeur.

    Il existe également des méthodes agricoles grâce auxquelles le sol retrouve sa bonne santé et sa capacité à retenir l’eau, apportant de multiples avantages. Ces méthodes requièrent que nous gérions à la fois la transformation de la terre et celle des moyens de subsistance des personnes qui en dépendent, en établissant des chaînes d’approvisionnement qui répartissent les bénéfices plus équitablement.

    Parmi les principaux défis à relever, figurent un sentiment de propriété fortement établi et des évaluations foncières gonflées par des subventions, qui ralentissent les avancées en vue de la transformation de l’affectation des sols, même lorsque le coût d’opportunité par rapport à d’autres activités économiques est faible, notamment dans le cas de sols dégradés.

    Œuvrer avec la nature : nouvelles possibilités et nouveaux risques

    Une grande partie de la biodiversité mondiale risque de disparaître dans les décennies à venir, avec des conséquences aussi bien pour l’économie que pour la nature. Nous devons bâtir une économie et un système financier durables, ce qui fera apparaître de nouvelles possibilités et de nouveaux risques. Notre vision de la terre ne devrait pas être déterminée par l’histoire. Il s’agit plutôt de faire des choix volontaires fondés sur le présent et de prendre concrètement acte des coûts liés au développement et à la préservation de la nature.

    Investir dans les infrastructures naturelles de régulation du climat est un volet incontournable de l’atténuation des changements climatiques et de l’adaptation à leurs effets, permettant également d’inverser les rejets de carbone à grande échelle dus à la dégradation des puits de carbone naturels. Œuvrer avec la nature pour réguler l’eau et la chaleur nous donnera aussi un outil important pour conserver des environnements habitables aux niveaux régional et local, notamment dans les villes. Le rétablissement et le retour à la nature de zones terrestres et maritimes seront essentiels pour améliorer les chances d’adaptation des écosystèmes aux changements inévitables du climat.

    Lorsque nous œuvrons avec la nature, nous puisons dans les liens et les synergies de la vie. Il nous appartient d’en saisir les multiples avantages. La finance peut devenir un facilitateur de transformation dès lors qu’il est possible de gérer les délais et les risques spécifiques liés aux résultats produits par la nature. L’UE est à l’avant-garde de l’exploration de nouvelles approches financières durables, comme le Mécanisme de financement du capital naturel, à partir duquel il est possible de tirer des leçons pour une architecture future axée sur la biodiversité et les solutions fondées sur la nature.

    Nous avons les connaissances et la compréhension nécessaires pour bâtir un avenir où nos actions seront en accord avec les processus naturels et où les fruits de la nature seront plus équitablement répartis. Pour gagner du temps pour les innovations qui offriront à nos économies un avenir moins pollué par le carbone, il nous faut investir dès à présent dans des solutions naturelles.

    L’innovation et la technologie peuvent contribuer à plus d’efficacité et d’équité, dans un esprit de cohabitation avec la nature.

    ©Phillipe Bourseiller

    Des solutions climatiques fondées sur la biodiversité, si vous êtes...

    Un décideur politique : Mettez en place des réglementations qui obligent à prendre des mesures et à investir dans la nature. Créez de nouvelles sources de revenus permettant de rétablir et de préserver la nature. Le système financier emboîtera le pas à ces investissements. Fixez des objectifs stables et à long terme pour les infrastructures naturelles, dans le respect de la nature, et accompagnez-les de stratégies modulables encourageant l’innovation et l’entrepreneuriat. Transformez les subventions pour qu’elles n’entravent pas des projets qui recréent des liens au sein des paysages et rendent à la nature son espace. Récompensez la biodiversité et les avantages pour le climat ainsi que les innovations en faveur de l’efficacité et de la résilience dans l’agriculture –– orientez votre réflexion vers une sécurité alimentaire et climatique à long terme. Investissez dans la gouvernance et la mise en place efficace de ces transformations. Faites respecter des mesures simples et gratuites. Ainsi, mettez un terme à l’emploi de poisons et aux dommages causés aux habitats physiques et à leur détérioration cumulative. Mettez en place un suivi et des statistiques qui quantifient les véritables coûts sur le plan de la nature dans votre pays et dans les pays à partir desquels nous importons. Donnez à la science les ressources et la liberté dont elle a besoin pour montrer la voie à suivre.

    Une institution financière : Renseignez-vous sur la biodiversité, la nature et les risques climatiques. Envisagez des modèles d’activités résilients et circulaires. Utilisez des ressources précieuses, telles que le rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques ou le Mécanisme de financement du capital naturel de la Banque européenne d’investissement, afin d’examiner les moyens de mettre en place un système financier protecteur de la nature. Notre publication, Investir dans la nature, décrit comment élaborer des argumentaires pour le financement de projets dans le domaine de la nature. Il existe un besoin croissant d’acteurs et d’intermédiaires financiers motivés par cette cause et possédant les compétences nécessaires pour fournir les financements transformateurs qui soutiendront les changements dans les moyens de subsistance et les paysages, et l’innovation en faveur de la nature et du climat. Mettez-vous en rapport avec la Banque européenne d’investissement afin de concevoir les instruments qui vous aideront à faire face aux risques climatiques et aux incertitudes.

    Un citoyen : Faites preuve de curiosité et de bienveillance à l’égard du monde naturel et des personnes touchées par ces changements. Un monde où la nature sera plus présente est un monde dans lequel vous et vos enfants aurez envie de vivre. Aidez les responsables politiques à faire les bons choix et prenez part aux initiatives locales. Dans votre vie quotidienne, découvrez ce que vous pouvez faire pour redonner de l’espace à la nature. Les mauvaises herbes ont aussi leur beauté particulière ⁠— apprenez à l’aimer.

    Stephen Hart est chargé d’investissement auprès de l’unité responsable de la politique de financement des projets climatiques et environnementaux de la Banque européenne d’investissement. Il est aussi l'interlocuteur référent du Mécanisme de financement du capital naturel. Andrew Neill est doctorant auprès du Trinity College de Dublin.


    >> « Solutions pour le climat », également disponible en podcast et en livre électronique